Le Grenoble Festi’Jazz (ex-Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival) rempile pour une 22e édition placée sous le signe de l’ouverture et du métissage où le jazz invite l’histoire et les traditions pour un dialogue aussi libre qu’inattendu.
On a tendance à coller au jazz une étiquette élitiste et intimidante, réservée aux seuls initiés, mais cette édition du Grenoble Festi’Jazz balaie encore ce cliché poussiéreux d’un revers de manche en proposant une partition résolument ancrée dans son temps, où exigence artistique rime avec accessibilité immédiate. Même s’il y a de quoi trouver son bonheur parmi les 12 concerts à l’affiche cette année, on vous donne un petit aperçu de quelques pépites à ne pas manquer.
Pour commencer dans le calme et la douceur, laissez-vous charmer par le son mystérieux d’un carillon puis par le duo piano et chant de Charlotte Planchou et Mark Priore. Vous y croiserez Britten, Ferré, Purcell, une reprise céleste et onirique de Greensleeves ou encore une version superbement inspirée de L’Albatros – on est sur un nuage !
Un autre concert très attendu, celui de Léon Phal, saxophoniste virtuose qui sort son album Bodies and Ideas la semaine précédant sa venue. Les deux titres en écoute en avant-première nous confirment qu’il ne faudra pas manquer ce rendez-vous ! Un petit exemple pour vous en convaincre : Les Vacances, titre à la ritournelle « qui a un goût de reviens-y » comme diraient nos anciens, laissant augurer un album riche, métissé, alliant le jazz, les boucles électroniques et une bonne dose de groove, tout ça dans une grande maîtrise technique avec un zeste de virtuosité.
Côté local, vous pourrez (re)découvrir Sparkling Voices : entre polyphonies de la Renaissance et frissons contemporains, ce quintet vocal virtuose vous invite à un voyage temporel où la voix humaine devient le plus bel orchestre de poche. Et si vous n’êtes pas rassasiés par cette mise en bouche a capella et que vous n’avez pas peur de prendre une claque, allez voir Les Grandes Gueules. Grandes Gueules qui peuvent la ramener vu leur impressionnante maestria vocale et la qualité de leurs arrangements.
Le come bach de Vincent Peirani
Focus renouvelé sur Vincent Peirani et son accordéon dont il ne faut évidemment pas rater le « come bach » au festival avec le concert Bach Project où il sera en duo avec le violoncelliste François Salque pour revisiter et réenchanter avec le talent qu’on leur connaît la musique du cantor de Leipzig.
Autre clin d’œil baroque franco-allemand, le concert de Rémi Vignolo (batterie) qui invite le saxophoniste Johannes Müller pour faire s’entrechoquer, avec une audace rafraîchissante, l’élégance du répertoire baroque de Haendel et l’énergie des quintettes de jazz des années 1950-1960. So what ? Have a good trip !
Photo ©Anne-Laure-Etienne