Festival

À Grenoble, un Festival du film court... plus court (mais toujours aussi passionnant)

/ Par Noémie della Faille

C’est le retour des soirées d’été où l’on se réunit au Jardin de ville entre inconnus (cinéphiles ou pas) pour regarder des récits prendre vie sur grand écran. Courts-métrages de fiction, documentaire, animation… Chaque année, le Festival du film court de Grenoble offre une programmation dont on ne peut que saluer la richesse. Résultat d’un long processus de sélection effectué par l’équipe de la Cinémathèque sur les 3400 films reçus des quatre coins du monde. Si les propositions restent nombreuses, cette édition, elle, sera plus courte que les précédentes. Pour Anaïs Truant, directrice de la Cinémathèque, ce choix n’en est presque pas un, dans un contexte sous tension pour le secteur culturel : « On est dans une grande incertitude concernant nos subventions et ça nous oblige à la prudence parce que le risque, c’est de déséquilibrer l’intégralité de la structure. » Malgré les contraintes, Anaïs est déterminée à préserver le plein air et la gratuité qui font l’identité du festival et permettent « un accès à la culture qui est inédit ».

Les solitudes se rencontrent

À travers tous ces films venus du monde entier, il est toujours fascinant de voir une thématique s’imposer : « Ce qui nous frappe cette année, c’est la solitude et la mélancolie », constate Anaïs. Entre le repli angoissant de l’isolement social et la quête de soi, cette édition explore diverses formes de solitudes « qu’elles soient subies ou choisies ».
Passons en revue quelques incontournables du programme et commençons avec une nouveauté : la séance « Ciné Ristretto«  le matin qui, comme son nom l’indique, invite à déguster plusieurs films de la sélection avec le café. En journée, on profitera des courts-métrages à foison en salles obscures (au cinéma Juliet-Berto, au Club, à Mon Ciné, au Ciel) mais aussi au Jardin de ville à la nuit tombée. Notons déjà la présence du (très touchant) film d’animation Fille de l’eau de Sandra Desmazières, ainsi que le documentaire Au bain des dames (ode sublime à la vieillesse) de Margaux Fournier, tous deux récompensés aux César. Autre proposition qui va ravir les amateurs de frissons et de gore : le Club accueillera une séance consacrée exclusivement aux courts-métrages d’horreur. Et pour ceux qui en veulent toujours plus, le cinéma diffusera aussi la séance « (Hmm…) Too much but too good » réputée pour sa sélection extravagante. Toutes ces nouvelles créations nous rappellent qu’il est également important de « jeter un coup d’œil dans le rétroviseur » pour reprendre les mots d’Anaïs. Et c’est ce que le festival propose avec son emblématique Nuit blanche qui, cette année, quitte la Bastille pour investir uniquement le cinéma Juliet-Berto. L’occasion de croiser des films et leurs époques, le tout bien sûr relié à une thématique au titre on ne peut plus évocateur : « Rions un peu avant la fin du monde ».

Photo © Jessy Penelon et Hélène Koch

FESTIVAL DU FILM COURT DE GRENOBLE EN PLEIN AIR

Du jeudi 25 juin au samedi 27 juin

Divers lieux (Grenoble)

Gratuit

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