« Gloire aux outsiders » titrait Adrien Durand en couverture de son Gospel n°10. Un magazine musical pointu, précieux, libre et intègre dont on recommande vivement la lecture. Car paradoxalement, ce n’est pas la musique d’Adrien qui nous est d’abord parvenue il y a quelques années, plutôt ses activités de chroniqueur (pour Les Inrocks dans une autre vie), d’éditeur (les éditions du Gospel qui publient, outre le magazine déjà cité, la revue cinéma Amateur.e et divers ouvrages) ou d’écrivain (citons son premier roman désabusé Cold Wave paru en 2023). Beaucoup de parenthèses, voilà le parcours d’Adrien Durand qui chemine obstinément dans les marges, rejetant toute forme précoce de bourgeoisie au sein d’un milieu musical plus conformiste qu’on ne le pense.
Bref, un outsider. Un vrai, un pur, qui nous confiait en 2023 « avoir renoncé à faire de la musique ». Pas tout à fait manifestement : Adrien ouvre une nouvelle parenthèse créative avec un projet solo so(m)brement intitulé Bleu Death et un premier album en forme de juron, Holy shit. Rock lo-fi ? Pop grunge ? Folk wave ? Ce disque nous semble à la fois familier et insaisissable, flou et distinct, universel et perso. Dénué d’influences trop évidentes, Holy Shit a toute sa place au rayon « inclassable », non-catégorie des plus prestigieuses pour un outsider digne de ce nom. / HV
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