Procurer de la joie au public, le ramener à une certaine naïveté dans une ambiance grand spectacle pour tous les âges, c’est l’ambition du « Slava’s Snowshow », qui tourne partout dans le monde depuis plus de trente ans. Ces clowns poétiques débarquent début mai à la MC2.
/ Par Aurélien Martinez
Il était une fois un clown russe du nom de Slava Polunin qui, en 1993 à Saint-Pétersbourg, créa un spectacle devenu culte. Spectacle qui tourne toujours partout dans le monde, avec un succès constant – plus de 12 millions de personnes l’ont déjà vu si l’on en croit l’équipe. Passée plusieurs fois par la France, cette aventure « intemporelle, théâtrale, poétique » répond au doux nom de Slava’s Snowshow. Où il est donc question de neige pour une splendide « tragi-comédie visuelle ».
Une toile d’araignée, des bulles de savon, des grandes balles… Sur scène, un clown tout de rouge et jaune vêtu semble comme bringuebalé dans une succession de tableaux sans paroles au son de musiques d’hier (le Boléro de Ravel par exemple) et d’aujourd’hui (Via con me de Paolo Conte et son fameux refrain tout en « doo-doo-doo-doo-doo »). Car d’autres clowns aux chapeaux incroyables ont décidé de l’emmener dans un joyeux tourbillon afin de faire communauté et, peut-être, de sauver ce drôle de bonhomme.
« Havre de paix »
« Le Snowshow répond au besoin d’un havre de paix, un endroit dans le monde physique où les personnes sensibles peuvent s’y retrouver pour leur plus grand plaisir » (extrait de la note d’intention). La pièce, pensée en deux parties avec entracte, s’apparente ainsi à une bulle hors du temps pour tous les publics, des plus jeunes (à partir de 8 ans) happés et émerveillés par la féerie aux plus âgés capables de tirer les fils qu’ils veulent. Avec une fin on ne peut plus ludique qui abolit autant la frontière scène-salle que celle des âges – qu’il est bon et émouvant de retomber en enfance !
Slava Polunin, né en 1950 en Russie et dorénavant installé en France, à quelque cinquante kilomètres de Paris (au Moulin Jaune, lieu qu’il a acquis en 2000 et centré sur la création artistique qu’il ouvre régulièrement au public), a donc donné son prénom à ce spectacle « entre Gogol et Beckett », même s’il n’est maintenant plus sur le plateau au vu de son âge. « Seuls les authentiques idiots – naïfs, rêveurs enchantés – peuvent dédier leur vie à célébrer ce don avec les autres », assure celui qui est fasciné depuis tout petit par Charlie Chaplin, qu’il a découvert dans le film The Kid. L’enfance, toujours et encore.
Photo © Véronique Vial