Voici notre sélection de 15 concerts qui devraient marquer la saison musicale automne/hiver grenobloise. Un peu de tout, un peu partout.
Sanam
Très rock, cette nouvelle saison musicale grenobloise. Et le Ciel ne fait pas exception en alignant plusieurs formations à guitares des plus singulières, dont le sextet libanais Sanam. Regroupant la fine fleur de la scène indé de Beyrouth, Sanam propose une musique inclassable, entre rock progressif, jazz contemporain, noise et répertoire traditionnel. Rien ne se passe comme prévu au fil des mesures : saillies de buzuq, batterie en débandade, cris inopinés… Assurément, un grand moment de live. / HV
Mer. 15 oct. à 20h30
Le Ciel
De 10€ à 13€
James Baker
À première vue, on pourrait rapidement ranger James Baker dans le grand sac des nouveaux chanteurs pop français passe-partout, plutôt doué pour gratter des paroles, mais sans plus. C’était du moins notre conclusion suite à l’écoute du premier album Ciné-club. Mais depuis la sortie d’un single poignant et courageux nommé Nuages Noirs, revirement complet de notre jugement hâtif ! D’autant que James Baker a de l’ambition et s’apprête à sortir un double EP conceptuel inspiré d’Eternal Sunshine of a spotless mind. À suivre donc, et à voir sur scène pour commencer. / HV
Jeu. 16 oct. à 20h30
La Source (Fontaine)
De 9€ à 16€
GiGi FM
De Paris à New York en passant par Londres et Berlin où elle réside désormais, la Franco-Italienne GiGi FM a construit sa réputation sur sa capacité à créer des atmosphères hautement immersives et dansantes, aux confins de la techno, des rythmiques breakées, de la bass music et de l’ambient. Danseuse formée professionnellement, elle distille, dans ses DJ sets comme dans ses productions, une dimension à la fois très physique et très mentale, couplée à un goût pour les chemins de traverse des plus rafraîchissants. / DG
Sam. 18 oct. à 23h55
La Belle Électrique
De 13€ à 22€
Balladur
Un concert qui va nous replonger dans le Grenoble schlag des années 2010 – cette époque où l’on se donnait rendez-vous à la Baf ou à la Casse, ô temps révolu des squats. Ou au Bauhaus, rue Chenoise (snif…). Autant de lieux où l’on avait grande chance de croiser Balladur, LE groupe de pop underground de cette décennie. Inventif, zigzaguant entre les genres, un peu cold, beaucoup wave, un régal. On les croyait rangés des voitures, les Lyonnais, mais voici qu’ils débarquent au Ptit Labo (dernier rempart de cette ville contre la dictature du voisinage fragile) ! Inratable ! / HV
Sam. 25 oct.
Ptit Labo
Prix libre
Pain Magazine
Ici, ce sont les univers post hardcore de Birds in Row et la techno industrielle de Louisahhh X Maelstrom qui se rencontrent et se confrontent. Entre deux monuments sonores, entre disparités et ambiances intenses, il est prouvé une fois de plus que des collisions peuvent se dégager de grandes cohérences. On notera particulièrement l’incroyable Violent God, longue supplique incarnée par la voix de Louisahhh, les riffs rugueux et les mixes sombres de ses comparses, en attendant d’un pied ferme et convaincu la suite de ce mystérieux album. Attention : live sans concession. / CS
Dim. 2 nov. à 19h
La Belle Électrique
De 15€ à 20€
Come as you are
Qui mieux que Béatrice Dalle pour rendre hommage à Kurt Cobain ? Composé du rappeur Youv Dee et du musicien Bastien Burger (ex-bassiste de The Dø), le trio alterne entre lectures des mémoires du chanteur et reprises de morceaux de Nirvana. Béatrice Dalle est toujours amoureuse de celui qui s’est donné la mort il y a plus de 30 ans, laissant une cicatrice indélébile à tous les fans de grunge, de rock, de musique en général. Un moment de communion autour de l’icône en souffrance, très réussi à ce qu’il se dit, à vivre forcément. / DD
Jeu. 13 nov. à 20h
L’Heure bleue (Saint-Martin-d’Hères)
De 25€ à 32€
Vincent Moon
Depuis longtemps, on est absolument fans de ses « take-away shows », petits clips tournés volontairement à l’arrache dans de très divers endroits de cette terre, avec de très divers musiciens : Arcade Fire dans un ascenseur, Bloc Party devant un pub, The Dø au Jardin d’acclimatation… Tous n’ont pas été réalisés par Vincent Moon, mais il en est bien l’inventeur. À l’Hexagone, l’artiste présentera un ciné-concert évolutif, presque improvisé, autour de son travail sur les rites et les transes. Passionnant. / HV
Ven. 20 nov. à 20h
Hexagone (Meylan)
De 6€ à 14€
Joe Bel
Vous avez déjà entendu ces chansons quelque part. Hit the roads, In the morning ou No, no sont toutes d’imparables tubes soul/folk ayant propulsé Joe Bel loin, bien loin de ses tout premiers concerts intimistes avec sa seule guitare. Son dernier album Family tree (2024) vient confirmer son immense talent de mélodiste avec toute une collection de morceaux addictifs, aux arrangements de plus en plus touffus. On ne ressort pas indemne de 2 weeks, Lose a friend ou Ropes. / HV
Ven. 21 nov. à 20h30
L’Ilyade
De 11€ à 18€
Marilyn Manson
Marilyn Manson de retour sur scène, avec le sens du spectacle qui fait sa réputation depuis des décennies. Mais aussi avec une polémique désormais beaucoup trop habituelle : plusieurs femmes l’accusent de viols, il dit qu’elles étaient consentantes, affaire classée sans suite. Pas de procès. Là-dessus, l’antéchrist superstar défend son dernier album, One Assassination Under God – Chapter 1 (2024).La première date à Brighton, en Angleterre, a été annulée à la suite de la mobilisation d’une députée écolo et du collectif No Stage for abusers. Pour la suite, ce sera au cas par cas. Parce que le public est là : au Summum, comme ailleurs, le concert de Marilyn Manson affiche complet. / DD
Dim. 23 nov. à 19h
Summum
De 71,50€ à 82,50€
Orange Blossom
Un album tous les dix ans, une chanteuse différente à chaque fois, tel est le rythme de croisière d’Orange Blossom. Une croisière de bientôt 30 ans dont on ne compte plus les escales musicales, d’Amérique du Sud au Moyen-Orient en passant par l’Afrique. C’est le grand mélange, l’ultime syncrétisme qu’ambitionne le noyau dur du groupe, avec un certain succès. On ne s’ennuie jamais sur les flots changeants de cette discographie-monde. Toujours bien, toujours beau. / HV
Sam. 29 nov. à 20h
La Belle Électrique
De 25€ à 30€
Grandbrothers
Tout l’intérêt de Grandbrothers réside dans le mécanisme ingénieux qu’ils ont conçu pour augmenter leur piano à queue : toute une série de marteaux électromécaniques viennent frapper les cordes, tandis qu’un champ magnétique permet de créer des vibrations inédites. Et voilà un piano démultiplié, comme éparpillé, capable de sonorités bien plus étendues – et fort adaptées à la musique électronique volontiers percussive. À la Belle, ce sera l’occasion de voir enfin ce dispositif en action ! / HV
Mer. 3 déc. à 20h
La Belle Électrique
De 22€ à 27€
Lucky Love
Un petit phénomène dont il est difficile, à ce stade, de connaître la longévité. Lucky Love, c’est d’abord un single absolument renversant, au beau refrain tragique, découvert (en ce qui nous concerne) à la fin du documentaire La Belle de Gaza de Yolande Zauberman. Un manifeste nommé Masculinity qui tombe à pic dans l’époque. Un bijou. Mais depuis, Lucky Love engrange les followers sur Insta et a sorti son premier album, dont l’ensemble se révèle un peu trop lisse. La scène, comme souvent, nous permettra d’y voir plus clair… / HV
Ven. 5 déc. à 20h
La Belle Électrique
De 22€ à 27€
La Mòssa
Après une première date grenobloise en 2023 au Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas, l’antichambre du festival Détours de Babel, La Mòssa débarque sur la scène de la Source. Preuve que le quatuor vocal se débarrasse petit à petit de son étiquette « pure musique du monde » pour conquérir un public plus large (on les a récemment vues aux Vieilles Charrues). Et en effet, c’est bien autre chose qui se joue à l’écoute de ces polyphonies palpitantes, chargées d’émotions mélangées, d’intensité ravageuse, et soutenues par des percussions quasi martiales. Quelle puissance ! / HV
Mer. 17 déc. à 20h30
La Source (Fontaine)
De 9€ à 16€
Bertrand Belin
Bertrand Belin n’est plus L’Inconnu en personne. Artiste prolifique, étrange personnage à l’intelligence poignante, et pourtant d’une grande humilité, il donne à tous ceux qui l’entourent. Entre fluidité et singularité des mots, c’est à travers son introspection que l’auteur rend les choses universelles. Et Bertrand Belin n’a pas le ventre à terre : il survole les mots, les personnages fantomatiques, les figures locales chéries, les rues – et les aime. Il enchaîne les collaborations, les albums et les tournées.
C’est pour son huitième album, Watt, signifiant le son, mais aussi en référence au personnage de Beckett ou à celui d’un vieux dessin animé, que ce mystérieux dandy sera à la Belle Électrique en janvier prochain. / CS
Ven. 23 jan. à 20h
La Belle Électrique
De 26€ à 31€