On a pris notre plus belle loupe pour étudier ligne à ligne les nombreuses programmations de la saison 25/26. Théâtre, danse, jeune public, humour… Voici un premier échantillon de ce qui nous attend cette année.
Panier piano
Panier piano, c’est un hymne à l’imagination et à l’amusement pour enfants avec presque rien ! Pour tout accessoire, des paniers constellent une scène habitée par deux puis trois interprètes. L’objet est une contrainte de jeu autant qu’un formidable outil favorable à la créativité. Le panier se fait tantôt animal, tantôt personnage fantasque et amusant… Qu’il est bon de s’émerveiller avec si peu et autant à la fois. Les enfants, eux, sont surpris, et l’on entend leurs rires galopant dans la salle. / DR
Ven. 10 oct. à 10h et 14h30
Sam. 11 oct. à 16h
Théâtre 145
De 5€ à 16€
Ven. 23 jan. à 19h30
Espace Paul-Jargot (Crolles)
7€
Constance
Spectacle au beau succès critique et public depuis sa création l’an passé, Inconstance de l’humoriste Constance est un petit bijou d’orfèvrerie construit autour d’un sujet a priori peu fun – la lourde dépression qui mène en psychiatrie et donne des envies de suicide. Une véritable mise à nu par une artiste sincère qui a fait rire son monde pendant des années (cinq spectacles, des chroniques sur France Inter…) avant, donc, de s’effondrer. Et de merveilleusement se relever, entre stand-up noir et humour à personnages. / AM
Jeu. 16 et ven. 17 oct. à 20h
Hexagone (Meylan)
De 14€ à 34€
Lacrima
Créé en 2024 avec, depuis, des salles souvent pleines, Lacrima de la metteuse en scène Caroline Guiela Nguyen déroule le fil narratif de la fabrication d’une robe de haute couture dans plusieurs pays pour déployer une aventure généreuse qui se suit comme une série – avec suspense, drame, flash-backs… Un spectacle parfaitement ciselé de près de trois heures à mettre devant tous les yeux, surtout ceux qui pensent que le théâtre n’est pas fait pour eux parce que trop intimidant, trop intello ou trop nous-ne-savons-quoi. / AM
Du mer. 5 au ven. 7 nov. à 19h30
MC2
De 5€ à 33€
Même pas mâle
Être homme, c’est quoi et c’est être qui ? Qu’est-ce qui marque un être du sceau de sa masculinité ? C’est la question à laquelle Émeline Nguyen répond dans une chorégraphie subtile et élégante où la lumière est à son tour protagoniste pour sublimer les corps et traduire leurs multiples états émotionnels. Sur fond doré et étincelant, la lumière ruisselle et imprègne une masculinité qui a beaucoup à dire de sa diversité, de sa sensibilité, de sa force, de sa pudeur, de sa ténacité… / DR
Ven. 7 nov. à 20h
Grand Angle (Voiron)
De 10 à 20€
La Vie et la mort de J. Chirac, roi des Français
Une série théâtrale sur les présidents de la Ve République, c’est l’aventure dans laquelle s’est lancé il y a quelques années l’auteur et metteur en scène Léo Cohen-Paperman. Pour le premier volet centré sur Jacques Chirac, il a choisi le versant intime de son héros à travers sa relation avec son chauffeur : astucieux et attachant, grâce notamment à la présence magnétique du comédien Julien Campani. À noter qu’après Mitterrand et VGE, Léo Cohen-Paperman se penchera cet automne sur un duo avec un quatrième volet titré SarkHollande (comédie identitaire) qui passera également par la Rampe fin novembre. / AM
Mar. 18 nov. à 20h
La Rampe (Échirolles)
De 7€ à 23€
La Crèche, mécanique d’un conflit
Faire théâtre d’une polémique nationale (l’affaire de la crèche Baby-Loup avec, en 2008, le licenciement par sa directrice d’une salariée qui portait un voile islamique) en étant à la fois précis sur les faits et captivant artistiquement : voilà ce qu’ont entrepris l’auteur et metteur en scène François Hien et ses neuf interprètes. Sur le plateau, ils reviennent sur l’engrenage en campant les principales protagonistes ainsi que celles et ceux qui avaient leur mot à dire, même si tous ces mots n’étaient pas pertinents, loin de là. Trois heures brillantes et intelligentes. / AM
Du mar. 16 au jeu. 18 déc. à 19h30
MC2
De 5€ à 29€
Tenir debout
Alors qu’elle était en école de théâtre, la comédienne Suzanne de Baecque, aujourd’hui figure prometteuse du théâtre et du cinéma, s’est inscrite au concours de Miss Poitou-Charentes. La rencontre avec les autres candidates a alors nourri ce spectacle atypique qui interroge l’envie de ces jeunes filles de rentrer dans un moule a priori en contradiction avec les réflexions féministes contemporaines. Interprété avec la comédienne Raphaëlle Rousseau, Tenir debout est à la fois drôle, touchant et sincère car jamais surplombant. / AM
Mar. 16 déc. à 20h
L’Heure bleue (Saint-Martin-d’Hères)
De 5€ à 17€
Be.girl
Lacompagnie Uzumaki et ses cinq danseuses crée, à partir des techniques du break, un ballet féminin réjouissant. Le break devient une narration dans laquelle les effets de lumière s’entremêlent à la partition dansée. Les jeux de jambes, les figures et les sauts se fondent dans des clairs-obscurs léchés. La qualité narrative, proche parfois du cinéma muet, donne une nouvelle saveur à cette danse que l’on connaît si bien en battle. Tout en reliefs et en nuances, Be.girl colore le break, lui donne du souffle et de nouvelles perspectives. / DR
Dim. 1er fév. à 18h
L’Ilyade (Seyssinet-Pariset)
De 11€ à 18€
Ôlô, un regard sur l’enfance
Se chamailler, plonger ses mains dans la peinture, rire, s’amuser à laisser couler les teintes sur le papier blanc et nommer les couleurs avec grande inspiration : « la nuit qui fond », « le volcan qui éclate »…, voilà ce qui vous attend malicieusement avec Judith et Élise ! Ce spectacle a le goût de l’enfance, aussi sucré et aussi doux ! Les deux interprètes usent d’une immense toile pour y apposer toutes les couleurs cachées çà et là, autour de la scène. C’est vivant, inventif et joyeux ! / DR
Sam. 7 fév. à 9h et 10h30
Mar. 10 fév. à 15h
Mer. 11 fév. à 10h30 et 15h
Espace 600
De 5€ à 10€
Le Voyage dans l’Est
En 2021, l’autrice Christine Angot revenait dans Le Voyage dans l’Est sur l’inceste dont elle a été victime de la part de son père, sujet qui la hante, l’obsède, tant personnellement qu’au niveau littéraire. Un récit que le metteur en scène Stanislas Nordey a porté au plateau dans un spectacle intense. Trois comédiennes incarnent la narratrice à trois âges différents, face à ce père qui, un jour, assène à sa fille : « Tu devrais écrire sur ce que tu as vécu avec moi… C’est intéressant. C’est une expérience que tout le monde ne vit pas. » Glaçant et révoltant. / AM
Du mar. 24 au jeu. 26 fév. à 19h30
MC2
De 5€ à 33€
Le Cercle des poètes disparus
« Carpe diem. Profitez du jour présent. Que vos vies soient extraordinaires. » Film culte de 1989 avec Robin Williams, Le Cercle des poètes disparus est devenu un spectacle à succès (récompensé notamment par deux Molières) de facture solide grâce au travail du metteur en scène Olivier Solivérès et de toute sa troupe de jeunes comédiens investis – dont l’éclatant Ethan Oliel, Molière 2024 de la révélation masculine. Du théâtre grand public bouillonnant et astucieux, et ce dès l’entrée en salle – suspense ! / AM
Jeu. 26 fév. à 20h
Grand Angle (Voiron)
De 30€ à 52€
Makbeth
Compagnie de théâtre qui a le vent en poupe et réunit un public de fidèles (voire de fans), le Munstrum de Louis Arene et Lionel Lingelser déploie création après création un univers visuel reconnaissable entre mille, grâce notamment à tout un travail autour du masque. Après avoir monté Copi ou encore Molière, le duo s’est frotté à l’immense Shakespeare et à sa tragédie Macbeth dans un savoureux et sanguinolent spectacle retitré Makbeth, loin du texte originel mais proche tout de même de sa folie macabre. « Ce qui commence dans le mal s’affermit par le mal. » / AM
Mer. 11 et jeu. 12 mars à 20h
MC2
De 5€ à 29€
Vive
Les œuvres de procès, lorsqu’elles sont bien faites, sont absolument passionnantes à suivre. C’est le cas du spectacle Vive de Joséphine Chaffin qui, en plus de déployer la mécanique propre aux assises et de plonger dans le passé grâce à des flash-backs, se centre sur la douloureuse question de l’inceste à travers le récit d’une jeune cheffe qui accuse son père, star du monde de la cuisine. Une puissante aventure artistique à destination du public ado (mais pas que) en forme de reprise de parole, dans le sillage des mouvements #MeToo et #MeTooInceste. / AM
Mer. 18 mars à 20h
Théâtre 145 (TMG)
De 5€ à 16€
Niquer la fatalité
« Ce spectacle est le récit initiatique de la construction d’une jeune femme. Moi. Avec, en creux, la protection et le regard de Gisèle Halimi », écrit la comédienne et chanteuse Estelle Meyer, tout juste âgée de 40 ans, dans la note d’intention de son spectacle Niquer la fatalité. Le résultat est touffu, frénétique, régénérant, en dents de scie, voguant de style en style – avec notamment des chansons portées par deux musiciens. Et en plein dans les questionnements présents autour des assignations de genre et des violences sexuelles. /AM
Ven. 20 mars à 20h
L’Odyssée (Eybens)
De 5€ à 19€
Va aimer ! (reporté)
Molière 2024 du meilleur seul-en-scène, Va aimer ! d’Eva Rami est dans la tradition de ces spectacles autofictionnels à personnages campés par un unique interprète dans le but de dépasser sa seule expérience et ainsi évoquer des sujets plus larges et souvent douloureux – « les relations complexes de domination, de non-consentement et d’enfermement qui peuvent se mettre en place en amour », écrit la comédienne. Une réussite à la force communicative et réparatrice, comme le sont de plus en plus de spectacles ces dernières années – et tant mieux. / AM
Ven. 27 mars à 20h (reporté au 5 nov. 2026)
Le Déclic (Claix)
De 12€ à 18€
Créations made in Gre
Au cœur d’une scène spectacle vivant locale foisonnante, trois compagnies que nous affectionnons particulièrement lanceront cette saison des nouvelles créations qui, sur le papier, nous donnent très envie. Ainsi des Gentils d’Aurélien Villard et son théâtre musical habilement bricolé et tendrement facétieux, qui dévoileront Le Contre-chant des sirènes en novembre au 145 (avant, en 2026, Saint-Marcellin, Villard-Bonnot et Le Pont-de-Claix).
Du côté de la compagnie Le Chat du désert du tout aussi facétieux Grégory Faive, ce sera On n’est pas assez nombreux pour jouer Shakespeare, dont la première aura lieu en janvier au Théâtre 145 (avant Claix en mai). « Ou comment monter Richard III avec 3 acteurs et en moins de deux heures alors que le texte se joue en quatre heures et qu’il compte 64 personnages ? », annonce-t-il en note d’intention.
Quant au Festin des idiots, collectif qui avait joyeusement remis au goût du jour les classiques dans ses Apéros-Tragédies, deux de ses membres (Florent Barret-Boisbertrand et Charlène Girin) poursuivent l’aventure avec Le Quichotte, pour y croire (encore) il faut être (vraiment) fou, d’après l’œuvre phare de Cervantes. Création en novembre à Saint-Marcellin puis, dans la foulée, Grenoble (le Théâtre 145) avant, en 2026, Pontcharra, Le Pont-de-Claix, Claix, Saint-Martin-d’Hères et Villard-Bonnot. / AM
Photo © Julie Cherki