Riche d’objets, d’œuvres et de documents hétéroclites, l’exposition « Reflets du Nil » revient sur l’histoire de ce fleuve en naviguant à travers les images. Instructif et stimulant !
/ Par Benjamin Bardinet
« L’Égypte est un don du Nil. » Mise en exergue au début du parcours, cette citation d’Hérodote résume bien l’importance qu’a toujours eue ce fleuve-monument pour le peuple égyptien tant d’un point de vue économique, agricole et politique que culturel ou religieux. C’est précisément ce sur quoi propose de revenir modestement cette exposition qui parvient avec fluidité à aborder la complexe diversité de ces aspects dans un espace restreint. Y sont donc évoquées au fil du parcours la faune et la flore nilotiques (du crocodile au nénuphar en passant par le papyrus), les légendaires crues annuelles (aussi nécessaires que redoutées) ou encore la construction du barrage d’Assouan dans les années 1960 (projet volontairement pharaonique permettant à Nasser de convoquer les références à la civilisation antique). Pour évoquer ces différents points, l’exposition présente de nombreux objets (de délicates statuettes de dieux, de batraciens ou d’hippopotames), quelques peintures (de séduisantes visions orientalistes…), une grande diversité de documents (de désuètes cartes postales, des images publicitaires un peu kitsch…), ainsi que trois extraits vidéo (parmi lesquels on recommande très vivement le reportage télévisé relatif aux cérémonies d’ouverture du barrage d’Assouan).
Au fil des images et des signes
De tout cela, on retient surtout la manière dont l’exposition nous embarque à travers les signes, les images, les cultures et les siècles – questionnant ainsi les notions de représentations. Une fresque égyptienne figurant de manière naturaliste le milieu nilotique se trouve à proximité d’une mosaïque romaine qui en donne une vision gentiment fantasmée. De même, deux représentations de Moïse sauvé des eaux livrent une vision très « toscane » des abords du Nil, tandis que des cartes publicitaires du XXe siècle trouvent leur inspiration dans les peintures orientalistes du XIXe… Bref une navigation aussi plaisante que stimulante !
Photo © Youssef Nabil