Voilà le problème : lorsqu’on écoute Les gens qui dansent (j’adore), l’un des titres phares de Sam Sauvage, le riff de basse électronique nous rappelle immédiatement celui qui scande l’immense Get Innocuous! de LCD Soundsystem – et tout de suite, forcément, ça fait un peu flop. Dans sa globalité, le projet du jeune chanteur boulonnais est tellement référencé qu’il s’avère difficile de ne pas ériger des comparaisons dont il ne peut que souffrir : les airs dandys, la danse nonchalante, la voix grave, et des chansons qui sont autant de variations sur un thème différent : La Fin du monde (Lescop ?), Un cri dans le métro (Jacques Brel ?), Les Romantiques (Starmania ?). Mais tout cela, finalement, est assez bien fait, plutôt travaillé, intelligemment réfléchi, pas mal d’arguments laissant présager un potentiel certain chez Sam Sauvage (caché sous des myriatonnes d’influences) qui nous rend curieux de le voir sur scène, et pourquoi pas aux Belles Journées. Cette année, le festival berjallien programme également le groupe booké dans la quasi-totalité des festoches de l’été : Feu! Chatterton (le samedi est déjà complet grâce à eux). On y retrouvera aussi la « star académicienne » Marguerite dont le single Les filles, les meufs (la définition même d’un bon refrain pop) brisa l’algorithme de TikTok, Gaëtan Roussel (toujours dans le vent), Suzane et ses danseuses, Ben Mazué et sa bienveillante bienveillance.
Photo © Hugo Lardenet