Plein air

Cinéma en plein air : notre sélection

Le Robot sauvage

Naufragée sur une île sauvage, une « robote » se retrouve à élever un oison orphelin dans un monde imprévisible où la loi du plus fort prédomine. Avec ce récit presque mélodramatique sur la famille, l’identité et l’assignation, ponctué de touches d’humour qui lui sont propres, le studio d’animation DreamWorks signe un retour en beauté. C’est le cas de le dire au vu de l’esthétique exceptionnelle du film réalisé par Chris Sanders (Dragons, 2010) qui renoue avec les bases de la création animée. À contresens des nombreuses animations aux graphismes lissés, on a ici l’impression d’être face à une série de tableaux en mouvement, et c’est sublime. / NDF

Lun. 6 juil. à l’école Jean-Moulin (Voiron)
Mer. 8 juil. au parc Marius-Camet (Saint-Égrève)
Mar. 21 juil. au parc Villon (Fontaine)
Jeu. 30 juil. au terrain Colette-Besson (SMH)
Mer. 19 août au parc Paul-Mistral
Ven. 11 sept. à Villard-Bonnot

Ponyo sur la falaise

Ce qu’il y a de bien avec Hayao Miyazaki, c’est qu’on a beau commencer à connaître sur le bout des doigts son univers onirique, son bestiaire animiste, ses préoccupations écologiques… son talent est tel qu’on se laisse porter à chaque fois avec le même plaisir au sein de sa narration. Sans doute l’un de ses films les plus orientés vers le très jeune public (ses protagonistes ont à peine cinq ans), Ponyo sur la falaise ne déroge bien évidemment pas à la règle. Variation sur la trame du conte La Petite Sirène d’Andersen (on y suit la rencontre d’un jeune enfant avec une petite fille poisson rouge bien déterminée à devenir humaine), le film nous submerge sans répit de visions grandioses, comme cette course-poursuite avec des vagues gigantesques émergeant d’un océan déchaîné. / DG

Jeu. 16 juil. au parc Soulage 

Flow

Confrontant un chat noir à la montée soudaine de l’eau dans son environnement immédiat, Flow est un enchantement visuel de la première à la dernière seconde. Empruntant à la fois à l’esthétique et à la dynamique des jeux vidéo, avec sa succession incessante d’épreuves variées à surmonter, le film est paradoxalement un véritable hymne à la nature, où ne reste de la civilisation humaine que quelques rares traces résiduelles (ruines, objets, bâtiments abandonnés…). Qui plus est, son réalisateur Gints Zilbalodis a l’excellente intuition de ne jamais chercher à anthropomorphiser son petit félin qui, de bout en bout, se comporte toujours peu ou prou comme le ferait un vrai chat. Un ravissement. / DG

Sam. 18 juil. au Haut-Béda
Sam. 18 juil. au parc Condé

Jeu. 30 juil. au Musée dauphinois
Jeu. 20 août place de Pinet d’Uriage

Suzume

Troisième film d’animation du réalisateur japonais Makoto Shinkai à bénéficier d’une sortie salle en France après les très beaux Your Name. en 2016 et Les Enfants du temps en 2019, Suzume ne fait objectivement guère plus que réitérer ce qui avait déjà fait le succès de ses précédents métrages. Esthétique soignée, protagonistes attachants, irruption du surnaturel dans un quotidien tranquille, récit émotionnel mêlant espoir et mélancolie… Tout y est ! Pour autant, pour peu qu’on soit sensible à l’univers du cinéaste, on suivra avec plaisir la quête de sa jeune héroïne adolescente aux quatre coins du Japon, déterminée à fermer de mystérieux portails dont l’ouverture provoque l’apparition de catastrophes naturelles… / DG

Sam. 25 juil. au parc Paul-Mistral

Amélie et la métaphysique des tubes

Adaptation animée d’un roman autobiographique d’Amélie Nothomb dans lequel elle relate ses premières années d’existence, Amélie et la métaphysique des tubes ne nécessite pour autant aucune familiarité avec l’univers de l’écrivaine pour être apprécié à sa juste valeur. D’une créativité visuelle sans faille, le film ne se dépare jamais du point de vue de la très jeune Amélie, élevée au Japon avec son frère et sa sœur sous le regard bienveillant de ses parents et d’une employée de maison avec laquelle elle va développer un fort attachement. Cela pourrait sembler peu mais c’est pourtant déjà beaucoup, tant l’univers de l’enfance est retranscrit avec une intensité émotionnelle de tous les instants, la moindre mésaventure prenant immédiatement des proportions démesurées. / DG

Mar. 28 juil. au parc Paturel (Crolles)
Mar. 4 août à Roche Béranger (Chamrousse)

Le Roman de Jim

Il existe dans ce monde des gens profondément gentils qui trouvent de la beauté en tout et ne pensent jamais à mal. Aymeric en fait partie, se laissant porter par les rencontres et la vie, quitte à rater la sienne. Heureusement, le hasard fait parfois bien les choses : Aymeric retombe sur Florence, célibataire et enceinte, avec qui il entame une relation. Avec ce drame familial tiré du roman de Pierric Bailly, les frères Larrieu livrent un film poétique empli de délicatesse. On y retrouve un Karim Leklou bouleversant en bon père de substitution, qui élève Jim dès sa naissance avant d’être brutalement évincé. Une fresque d’humanité et de résilience qui fait du bien à l’âme. / NDF

Mar. 11 août au parc de la Poya (Fontaine)

À bord du Darjeeling Limited

Couleurs harmonieuses, décors millimétrés, BO mythique… c’est bien la griffe de Wes Anderson ! Un cinquième long-métrage aux allures de road movie avec l’Inde pour toile de fond, et en prime une réflexion sur le deuil et le passage à l’âge adulte. Passage obligé pour les protagonistes : trois frères trentenaires traversant le Rajasthan en train à la recherche de leur mère, retirée dans un couvent. Un scénario qui confirme l’intérêt du réalisateur pour les familles dysfonctionnelles. Côté spectateur, on se surprend à s’attacher à cette fratrie qui tente de se réconcilier entre moments d’introspection et de maladresses burlesques. Un classique andersonien dans lequel on se replonge volontiers. / NDF

Jeu. 20 août à la Bastille

La Vie est belle

Quand mentir à son enfant devient un acte de courage. C’est le paradoxe qu’aborde avec justesse Roberto Benigni dans cette fable poignante. Inutile de lui chercher une fidélité historique, car si le film s’inscrit dans les nombreuses représentations de la Shoah au cinéma, le réalisateur s’écarte du documentaire et ne cherche pas à montrer l’atrocité. C’est avant tout l’histoire de Guido, de sa rencontre avec Dora qui devient sa femme, et de leur fils Giosuè, dans l’Italie du début des années 40. Lorsqu’ils sont déportés, Guido utilise son imagination pour préserver son fils d’une réalité cauchemardesque. Une tentative pleine d’espérance à laquelle on succombe. / NDF

Sam. 22 août au parc Paul-Mistral

Photo © UFO distribution

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