Solidarité

À table pour les bonnes causes : mangeons solidaires !

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Le monde entier à la même table

Au cœur du quartier Saint-Bruno, Cuisine sans frontières empile les casquettes et cumule les qualités. Créée en 2015, l’association, dont la vocation première est de soutenir les personnes migrantes par la cuisine, évolue dans des locaux réservés autrefois à l’accueil des jeunes enfants du quartier. Une atmosphère décalée et chaleureuse, idéale pour faire une vraie pause dans la journée. Les mardis et jeudis, vous pouvez ainsi déjeuner entre collègues ou amis (après avoir pris la peine de réserver la veille via le site internet, très bien fichu) ou alors vous joindre à une grande tablée qui réunira cuisiniers souvent exilés, membres de l’asso, et vous donc, pour un véritable moment partagé. Il est aussi possible de réserver à emporter, et même de se faire livrer. Dans les assiettes, un menu unique concocté par une équipe issue des quatre coins du monde : les cuistots proposent les recettes qu’ils ont emportées avec eux, de l’Iran à la Géorgie, de l’Algérie à l’Arménie. C’est toujours bon, plein de saveurs et réconfortant. Repu et rasséréné, vous sortirez également convaincu par la puissance des valeurs portées et des moments échangés autour de la table, en toute convivialité.

Cuisine sans frontières
13, rue Henri-le-Châtelier

Une cantine qui a du cœur

Emma, la présidente de Resto Malap nous avoue sans ambages que, pour elle aussi, les valeurs humaines sont au cœur du projet de l’association. Avec Michou, passionnée de cuisine, elles se sont rencontrées dans la grande maison partagée « la Malaprise » quelques années auparavant. Il y a cinq ans, elles ont monté cette cantine qui a du sens, vouée à soutenir des personnes migrantes sur tous les aspects de leur existence. On peut retrouver des plats typiques de la cuisine congolaise, transmis à notre cuisinière dans un cadre familial. Plus particulièrement, celle qu’elle dispense, avec l’aide d’une équipe de bénévoles, a aussi le mérite d’être végane et ainsi accessible à tous, dans le respect des convictions de chacun. De véritables délices à découvrir, pleines de saveurs insoupçonnées, notamment le foufou à base de farine de manioc ou de maïs, ou encore la sauce mbuengi à base d’haricots cornilles et de cacahuètes. Plusieurs options possibles pour aller à la rencontre du Resto Malap : tous les mardis midi au Barathym dans le patio de la Villeneuve, le lundi soir au Bar Radis, selon un agenda à retrouver sur leur site. Enfin, un service traiteur est disponible à partir de huit couverts seulement ! Et même moins que cela si vous vous greffez à une autre commande. Succulent et arrangeant !

Resto Malap
restomalap@riseup.net

Cultiver la diversité

Ensuite, partons direction Fontaine, sur les contreforts de la montagne au Jardin du Vercors, un restaurant pas tout à fait comme les autres. Ouvert à tous, y compris aux petits budgets, il accueille chaque midi, du lundi au vendredi, une clientèle d’habitués et de curieux venus profiter d’une cuisine de qualité, préparée à partir de produits frais. L’établissement fait partie de l’Esat Saint-Agnès et emploie des personnes en situation de handicap, sur des postes adaptés et avec un encadrement attentif. Ici, chacun participe pleinement au fonctionnement du restaurant : accueil, caisse, plonge, grillades ou service, toutes les compétences comptent et contribuent à l’ambiance joyeuse du lieu. Dans cette cafétéria lumineuse et chaleureuse, on compose son plateau selon ses envies, entre plats réconfortants, entrées légères et desserts gourmands. Jambon grillé (le classique ultime), légumes variés, grillades ou d’incroyables œufs à la neige aux pralines : il y en a pour tous les appétits. Et l’addition reste douce, fidèle à la vocation inclusive de cette adresse qui nourrit autant le corps que le lien social.

Jardin du vercors grenoble

Le Jardin du Vercors
1, rue René-Camphin (Fontaine)

Service impérial

Enfin, impossible de parler de restauration solidaire sans pousser la porte de l’Auberge Napoléon, rue Montorge. Derrière cette chouette adresse grenobloise se trouve l’Arist, une association engagée depuis 1980 pour la reconnaissance des personnes porteuses de trisomie 21 et, plus largement, des personnes avec une déficience intellectuelle. Le restaurant est aussi un établissement d’application, pensé comme un véritable espace de travail et d’apprentissage pour les personnes accompagnées par l’Esat-Saj. Ici, pas de mise en scène poussive : chacun est à sa place, pleinement investi dans la vie de l’établissement. En cuisine, le chef et son équipe préparent sur place un menu du jour (consultable sur leur Instagram) tandis qu’en salle, les serveuses assurent un service à l’assiette avec professionnalisme et tout sourire. On y vient donc pour déjeuner, bien sûr, mais aussi pour découvrir une autre manière de faire société, autour d’une table. Du lundi au vendredi, le midi, l’accueil est chaleureux, l’assiette soignée et l’expérience aussi savoureuse qu’utile. Pensez simplement à réserver : les places sont rares, et l’adresse mérite largement le détour.

L’Auberge Napoléon
7, rue Montorge

Photos © Pascale Cholette

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