Si Papy ne comprend pas ce que font tous ces jeunes gens à hocher de la tête et onduler des épaules ensemble devant un mur de son techno au milieu de la nuit, il faut emmener Papy à un concert de Super Parquet. Cela devrait lui évoquer des souvenirs, peut-être les bals traditionnels de son enfance sur la place de l’église d’un minuscule patelin campagnard. Les bourrées, les valses, les polkas, à trois ou quatre temps, en rond et en boucle, et finalement un vortex de sons comparable à celui de la musique électronique. « Ces deux styles ont en commun l’envie collective de danser », rappelle le leader de Super Parquet, Louis Jacques, dans Ouest France. Depuis plus de dix ans, ces quatre gars de Clermont-Ferrand s’emploient à revaloriser ces répertoires traditionnels, « musiques de cultures minorisées », dont les structures – motifs répétés jusqu’à plus soif, voix fédératrices, rythmes allègres – n’ont rien à envier aux DJ sets des stars parisiennes de la techno. Et le font avec un goût pour l’excès, la distorsion et la déflagration sonore qui ajoute à leurs guinches un côté définitif pas déplaisant. / HV
Photo ©Ben Pi