Les dessins monumentaux de Mylène Besson dégagent quelque chose de captivant. Les corps s’y enlacent, fusionnent et s’interpénètrent, le végétal et les animaux se mêlent aux humains, faisant disparaître les normes et produisant des images inédites et salvatrices. De la même manière, les techniques s’entremêlent : la sanguine côtoie le fusain, le dessin et l’estampage – le tout réalisé sur d’immenses toiles froissées confectionnées par ses soins à partir de sacs de ciment contrecollés. Bref, il n’y a pas de doute, le travail de cette artiste autodidacte témoigne d’un goût pour l’expérimentation qui confère à son œuvre une énergie singulière susceptible d’embarquer le spectateur qui y sera sensible. Ceci d’autant plus que le cadre envoûtant du château de la Veyrie dialogue merveilleusement bien avec son univers.
En effet, les gigantesques compositions de Mylène Besson se déploient tout au long d’un parcours qui nous fait traverser un salon à la tapisserie décrépite, une chambre au parquet vermoulu et une salle de bain aux miroirs brisés… Un environnement dont le charme suranné fait intelligemment écho aux œuvres graphiques de cette artiste qui évoque, dans un autoportrait au fil des années, le temps qui passe et la manière dont les corps en portent la trace. / BB
Photo La Chute rouge, 2024 ©Mylène Besson