Bigre ! Pour rendre hommage au thème transversal de sa nouvelle saison (la folie) et inaugurer cette dernière en beauté, la Cinémathèque de Grenoble a réuni cinq associations amies pour proposer pas moins de 24 heures de cinéma consécutives. On vous explique tout.
/ Par Damien Grimbert
Réalise-t-on vraiment la chance qu’on a de vivre au sein d’une ville baignée dans une telle ferveur cinéphile ? Des festivals tous les mois de l’année, des associations réunissant des propositions passionnantes issues de toutes les gammes du spectre cinématographique, des spectateurs toujours enthousiastes… Du côté de la Cinémathèque, on l’a bien compris en tout cas. Preuve en est, cette éclatante démonstration de vitalité à l’occasion des Journées du patrimoine : 24 heures de cinéma non stop.
Réunissant à ses côtés cinq associations aux goûts irréprochables (Le Ciné-Club de Grenoble, Ojo Loco, Le Maudit Festival, Vues d’en face et Dolce Cinema), la programmation concoctée pour l’occasion part dans toutes les directions : le samedi matin, un hommage à Michel Warren suivi d’un film jeune public (Willy Wonka au pays enchanté de Mel Stuart). L’après-midi, l’ultime teen-movie du grand John Hughes (La Folle journée de Ferris Bueller), un des films les plus emblématiques de Gus Van Sant (My Own Private Idaho, avec le regretté River Phoenix et un tout jeune Keanu Reeves), un des maîtres-étalons du cinéma argentin contemporain (le grinçant La ciénaga, de la réalisatrice Lucrecia Martel) et le volet le plus méconnu de la trilogie des morts-vivants de George A. Romero (Le Jour des morts-vivants, à redécouvrir de toute urgence). Une « battle des assos » plus tard (on n’en sait pas plus donc on n’en dira pas plus, que serait la vie sans un peu de surprise) et l’heure est venue de passer au versant nocturne de la programmation…
La nuit, tout est permis
Trois villes, trois nuits et trois grands moments de cinéma, c’est le parti pris audacieux du programme « Veilleurs de nuit ». Alors que La Notte de Michelangelo Antonioni explore l’ennui et le désenchantement d’un couple de bourgeois milanais, AfterHours de Martin Scorsese nous immerge dans le long parcours erratique d’un jeune homme perdu dans une vie nocturne new-yorkaise de plus en plus absurde, surréaliste et oppressante au fur et à mesure que la nuit s’écoule. Fidèle à son goût pour le minimalisme dépouillé, Chantal Akerman suit quant à elle dans Touteunenuit l’errance silencieuse et hypnotique d’une femme seule dans la ville de Bruxelles. L’aurore venue, il est temps désormais de passer aux dernières projections : on commence en douceur avec un programme de courts-métrages suivi d’un revigorant petit déjeuner, on enchaîne avec une perle rare de Jacques Demy (Une chambre en ville) et on termine avec un blind-test au titre intrigant (« Jus d’orange et dentifrice », parce que… Pourquoi pas ?). Voilà, les 24h sont terminées mais la saison, elle, ne fait que commencer.
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