Oscillant entre sculptures monumentales et bijoux délicats, les œuvres de Caroline Mesquita présentées au Centre d’art Bastille entretiennent avec le corps du visiteur un rapport éminemment physique.
/ Par Benjamin Bardinet
Posée à même le sol, la gigantesque main sculptée qui ouvre l’exposition de Caroline Mesquita se confronte tout autant à la singularité de l’espace qui l’accueille qu’aux visiteurs qui ont la curiosité de s’y aventurer. Une première œuvre qui renvoie à une pratique dont l’artiste est familière : la sculpture en laiton plié et riveté. Et si Caroline Mesquita fait le choix de représenter une main, c’est que non seulement elle est elle-même profondément attachée au travail manuel mais que celles des visiteurs deviendront en fin de parcours le support de nouvelles créations pour lesquelles elle a adopté une échelle miniature. Réalisées en laiton moulé, ces petites sculptures suspendues à des chaînes évoquent parfois des figures humaines, plus souvent des figures animales : crevettes, félins ou oiseaux dont on imagine qu’ils sont précisément un de ces compagnons évoqués dans le titre de l’exposition.
Amulettes
Exposés dans des écrins de velours comme des bijoux mais regardés comme des sculptures, ces objets font penser à des amulettes dont le visiteur a le loisir de fantasmer le pouvoir protecteur. Ce rapprochement avec le monde de la bijouterie s’affirme dans la dernière salle du parcours où les créations sont présentées dans une série de boîtes noires disposées sur une table tout en longueur. Un dispositif d’une grande sobriété qui fait volontairement penser au comptoir des bijoutiers de luxe et pour cause, vous êtes vous-mêmes invités à faire l’essai de l’une de ces sculptures-bijoux. Une manière différente de se confronter à l’œuvre et finalement d’en devenir le support. Amusant, en particulier lorsqu’on fait le choix d’enfiler la bague en forme de main qui donne l’impression de nous caresser le doigt.
Photo © Christophe Levet