Cela fait près de 50 ans que le Festival du film court en plein air offre aux Grenoblois, au tout début de l’été, une sélection riche et variée de courts-métrages à visionner cheveux au vent. On vous présente les grandes lignes de cette nouvelle édition qui se tiendra du 25 au 28 juin.
/ Par Hugo Verit
Grenoble aussi a son « conclave ». Et c’est Anaïs Truant, directrice de la Cinémathèque, qui emploie le terme. Une métaphore d’actualité pour décrire les longues délibérations, les débats passionnés, les satisfactions des uns et déceptions des autres, tout le processus qui conduit, en bout de course (et de souffle), à arrêter une sélection de courts-métrages pour le Festival du film court en plein air. « Cette année, on a reçu 3400 films, soit 800 de plus que l’année dernière. Ça a été la panique ! », raconte Anaïs. Une avalanche désordonnée de créations cinématographiques très diverses qui ont pourtant des choses en commun : « Il y a toujours une thématique qui ressort. L’an dernier, c’était la construction des identités de genre et, cette fois-ci, c’est plutôt le lien filial, la relation parents/enfants. »
Si, à l’heure où nous mettons sous presse, nous n’avons pas encore pu accéder à l’intégralité de la programmation, nous pouvons tout de même vous dévoiler quelques chouchous du jury, des films qui se sont imposés comme des évidences. « Avec ce festival, on assiste parfois à la naissance de cinéastes, témoigne Jenny-Jean Penelon, responsable pôle public à la Cinémathèque. Pour Camille Dumortier, c’est vraiment le cas. » Déjà présente en compétition officielle l’an passé avec Maison Blanche, la jeune réalisatrice avait obtenu le prix Juliet-Berto, prestigieux puisque décerné par l’intégralité du comité de sélection. Elle revient cette année avec Assis, pas bouger ! dont le titre, à lui seul, témoigne d’une certaine originalité qui nous séduit d’emblée. Autre cinéaste clairement soutenue par l’équipe du Film court, Agnès Patron présentera une nouvelle œuvre d’animation intitulée Une Fugue. Pour l’occasion, on a revu son précédent, L’Heure de l’ours (César du meilleur film d’animation) qui nous avait déjà marqués pour sa beauté formelle lors de son passage au Festival en 2019.
Bivouac cinéphile
Parmi les nouveautés de cette édition, citons le grand retour de la séance « Un court/un long » (avidement réclamé par toute une partie des fidèles de l’événement) avec un réalisateur très proche de la Cinémathèque, à laquelle il a confié toutes ses copies argentiques : Nicolas Philibert, auteur de l’excellent Sur l’Adamant. Il montrera donc un de ses longs-métrages en regard avec l’une de ses formes courtes. L’autre révolution (on assume le mot) est l’organisation d’une Nuit blanche en plein air à la Bastille, en mode bivouac ! Où l’on aura l’occasion d’apercevoir une faune rare : le grelou cinéphile ! Que les allergiques au camping se rassurent, la Nuit blanche – intitulée « Branchez les guitares » – sera également diffusée dans le cocon tout confort du cinéma Juliet-Berto.
Photo ©Jessy Penelon