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En difficulté, le Bar Radis lance une campagne de financement participatif

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Que se passe-t-il au Bar Radis ? La Scop du quartier Flaubert – dont on défend régulièrement la programmation culturelle dans nos colonnes – vient de lancer une campagne de financement participatif, faisant état de difficultés économiques. Après avoir répondu à un appel à projet de la Ville de Grenoble en 2017, le « tiers-lieu inclusif et solidaire » se structure en pleine pandémie du Covid-19, puis dans le contexte de la guerre en Ukraine. « On a dû avoir 110 000€ d’emprunts en plus que ce qui avait été budgétisé initialement », nous apprend Antoine Morel, nouveau gérant du bar. Une dette lourde et des mensualités – censées se terminer en 2029 – qui commencent à être difficiles à tenir. Pourtant, Antoine l’affirme : « Notre activité n’est pas dysfonctionnelle. C’est-à-dire que depuis trois ans, elle est en constante amélioration. » Sans réelle baisse de fréquentation mais avec une diminution de la consommation. C’est ici qu’intervient la campagne, dont l’objectif est bien précis : octroyer une « respiration économique » au lieu, en étalant d’encore deux ans le remboursement des prêts. Afin de conserver l’esprit du bar, des économies ont déjà été effectuées, notamment sur le ménage qui se fait désormais en interne, ou sur la renégociation du loyer auprès de leur bailleur (la société d’économie mixte Sages). Cependant, si le fonctionnement actuel peut perdurer, les imprévus, eux, risquent de ne pas être couverts : « Si on a un gros souci de frigo qui lâche, actuellement, on ne serait pas en capacité de pouvoir renouveler les équipements de façon pérenne. » 

Concrètement, comment aider ?

Pour soutenir le Bar Radis, il est possible d’acheter des titres participatifs. Ce sont des placements d’argent, bloqués pendant sept ans, qui « correspondent à la temporalité de fin de nos échéances de prêts », précise le gérant du bar. Sur une année (aux résultats corrects), la rémunération est autour de 2% de la valeur du titre, « si vous avez pris 1000€ de titres participatifs, ils vont en moyenne vous rapporter 20€ par an ». Un titre coûte 100€ et l’acquisition de trois minimum est requise. Si un placement de la sorte peut comporter des risques, le discours du bar reste transparent : « On a aussi des proches qui s’engagent dans la campagne et on ne les aurait pas embarqués là-dedans si on ne savait pas dans quoi on s’engageait. »

Lancée fin mai auprès des proches, des habitué·es ou des fournisseurs du lieu, la campagne a déjà atteint le premier palier au bout de quelques semaines. Fixée à 30 000€, cette première étape permet au Bar Radis de continuer son activité jusqu’au remboursement des prêts, en garantissant à la clientèle de ne pas augmenter ses prix. Le second palier, à 50 000€, donnerait la possibilité à l’équipe d’améliorer le fonctionnement du tiers-lieu et plus particulièrement de mener à bien un projet qui lui tient à cœur : une pergola végétalisée pour ombrager la terrasse. Avec la volonté de ne pas renier ses valeurs d’accessibilité à l’alimentation durable et à la culture, Antoine Morel reste confiant : « On a besoin d’un coup de pouce si on veut assurer la pérennité du lieu à long terme. On ne ferait pas ça si on n’avait pas la certitude que c’est une activité viable. »

Photo © Tessa Paquet

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