Musique contemporaine

Gaspar Claus, musicien inclassable à l'Hexagone

/ Par Hugo Verit

À 16 ans, Gaspar Claus décide d’arrêter le violoncelle. Marre du conservatoire, de la compétition absurde pour progresser vers les pupitres les plus avancés de l’orchestre, marre de ce cadre où l’on entrave les adolescences. Il n’est pas le premier, ni le dernier, à lâcher l’instrument à cause d’un univers trop strict. Pas le premier ni le dernier non plus à y revenir des années plus tard en se libérant justement du carcan classique réactionnaire.

Dans le modeste appartement parisien où il a déménagé pour ses études, loin de son sauvage petit port natal de Banyuls-sur-Mer, Gaspar Claus ne peut ignorer l’imposante présence – et prestance – de son violoncelle, rangé dans sa housse, abandonné dans un coin de turne. « Une présence accusatrice », racontait-il au micro de France Culture en 2022. Alors, il reprend l’archer, péniblement (le violoncelle, ce n’est pas comme le vélo), aidé et motivé par de grisantes découvertes : Tom Cora qui violoncellise avec le groupe de punk The Ex, Arthur Russell collaborant notamment avec David Byrne (Talking Heads)… Non, son instrument ne se cantonne pas aux auditoriums un peu froids du conservatoire !

Seul et bien accompagné

Dès lors, Gaspar Claus trouve sa voie : le feu de tout bois. Il s’agit de ne rien s’interdire, d’explorer toutes les possibilités du violoncelle, toutes les alliances qui lui chantent, que ce soit dans le champ de la musique, disons, néo-classique à travers son trio Vacarme fondé en 2012 avec les violonistes Carla Pallone et Christelle Lassort, dans celui de la musique de films (Makala, Un monde violent) ou – plus marquant encore – du côté de la pop et de la musique électronique. On lui doit notamment plusieurs collaborations fructueuses avec Rone (dont l’inquiétant Freaks en 2015) et l’un des plus intenses climax de l’histoire de la pop française : les cinq dernières minutes du chef-d’œuvre Léviathan, premier album indépassé de Flavien Berger.

Pas solitaire pour un sou (il joue également régulièrement avec son père Pedro Soler, guitariste de flamenco), Gaspar Claus se lance pourtant dans l’aventure du premier album solo en 2021. Soucieux de ne pas receler, en lui seul, suffisamment de musique, de notes, de beauté, il semble avoir voulu se surpasser sur Tancade, empilant les parties de violoncelle, variant au maximum les possibilités de jeu, équilibrant les nuances avec beaucoup d’application. Une réussite, saluée par le public, notamment celui de l’Hexagone où Gaspar a ses habitudes. Il y revient en octobre pour présenter sa nouvelle création, spécialement conçue pour la scène, Simple music for difficult times. Musique simple pour temps troublés dont on sait peu de choses – et tant mieux.

Photo © Sylvain Gripoix

GASPAR CLAUS

Mardi 7 octobre à 20h

Hexagone (Meylan)

De 6€ à 24€

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