Surtout ne pas confondre avec l’autre Sanam, un groupe indien de pop-rock bollywoodien, quatre éphèbes aux coiffures impeccables dont la musique surproduite est aux antipodes de notre sujet. Non non, déplaçons-nous plutôt vers l’ouest pour atteindre Beyrouth, capitale du Liban, où six pointures de la scène musicale indépendante – très soudée – ont répondu à l’invitation de Hans Joachim Irmler (claviériste du groupe allemand culte Faust) qui leur proposait de conjuguer leurs forces le temps d’un live à ses côtés au festival Irtijal en 2021. Merveilleux flair : le courant passe entre nos musiciens qui décident de concrétiser cette osmose à travers l’enregistrement d’un premier album. Capté dans les conditions du live, Aykathani Malakon révèle une formation capable de grands écarts entre rock intello, jazz instinctif, musique traditionnelle électrisée, boucles psychédéliques et quête expérimentale. La chanteuse Sandy Chamoun saisit l’occasion d’une bande-son qui prend aux tripes pour y déclamer les vers de poètes libanais contemporains (Bassam Hajjar ou Paul Chaoul) histoire de donner à ce projet – cèdre sur le gâteau – une dimension politique bienvenue, alors que le Liban traverse des heures difficiles depuis plusieurs années. Le second album de Sanam, paru il y a quelques semaines seulement, semble encore plus affirmé. À l’image du titre d’ouverture, Harik, qui devrait immédiatement captiver le public du Ciel, toujours prompt à applaudir les meilleurs d’entre nous. / HV
Photo © Karim Ghorayeb