Paradoxe : on peut défendre bec et ongles que le style pour le style, la mise en scène pour la mise en scène, ça n’a pas grand intérêt si ce n’est pas au service d’un propos… Et puis, patatras, il y a des chocs esthétiques d’une intensité telle qu’ils font d’un seul coup voler ce précepte en éclats. Les Chevaux de feu fait partie de ceux-là. Adaptation d’une nouvelle ukrainienne sur un couple d’amants maudits au fin fond des Carpates, le film de Sergueï Paradjanov est une éblouissante explosion de créativité visuelle de la première à la dernière seconde. La caméra plonge, file, virevolte, enchaîne les plans iconiques, au diapason des tourments amoureux de nos deux tourtereaux.
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