Début septembre, émission Quotidien sur TMC. Laura Smet est invitée pour défendre un téléfilm dans lequel son personnage s’est pris une balle de fusil à bout portant. « Ce qui est toujours agaçant quand ça arrive. Quoique, parfois, il peut y avoir des conséquences positives. Moi, la dernière fois qu’on m’a explosé au visage, qu’est-ce que j’ai eu ? Un poste à Quotidien. Deux semaines de conjonctivites mais je ne l’ai pas volée ma chronique ! »
Voilà comment, en une première apparition télévisée, Louis Cattelat a planté le décor – du moins le sien. À savoir celui d’un humoriste vingtenaire bien propre sur lui qui, dans son premier spectacle, alterne l’intime (parfois poétique, parfois cru) et le politique (côté gauche) avec un sens affûté de l’écriture et un jeu tout en nonchalance.
Viser la lune
Parti d’une histoire de radiotélescope portoricain utilisé en 1974 pour envoyer un message aux extraterrestres, il déroule un spectacle titré Arecibo (le nom dudit télescope) autour, en gros, de l’idée de communication. « Que des personnes aient déployé tout un programme scientifique pour essayer de parler aux aliens, alors qu’à titre personnel j’arrive pas à dire à la coiffeuse que je trouve ma coupe très laide, ça me bute », écrit-il.
Guidé par l’envie d’à la fois faire rire et faire penser, il remonte alors le fil de son histoire plutôt, disons, banale, pour appuyer avec précision là où il espère toucher – les questions de masculinisme, d’homophobie, de consentement… Sans se priver d’un humour noir efficace et, donc, d’un sens du graveleux habilement retourné, puisqu’il l’applique à lui-même et non à d’autres – souvent des femmes chez certains de ses confrères. « Rigole pas Yann [Barthès, l’animateur de Quotidien], apprends à viser plutôt. » / AM
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