C’est demain que je meurs, nous annonce sans prévenir Meimuna dans son premier album. Rassurons-nous néanmoins, l’artiste suisse a déjà joué plusieurs fois cette chanson sans que l’auto-prophétie ne se réalise… Il y a d’ailleurs bien plus de vie au cœur de ces morceaux folk pop chantés avec langueur, même si règne, tout du long, dans les mélodies comme dans les arrangements délicats, une certaine blessure intangible. Cette blessure insaisissable que nous cause l’imperfection du monde. S’il fallait comparer pour mieux comprendre, disons que Meimuna nous rappelle le meilleur de Pomme – le même sens de la phrase musicale, le même goût pour les ballades folk sombres et légères à la fois. Plus connue chez nos voisins suisses, la chanteuse donne quelques dates en France ces prochains mois, dont ce Club Dimanche au Ciel. Sur scène, elle sera précédée de Gintsugi, autrice d’une œuvre pop ambitieuse dont on a hâte de découvrir la suite. Son premier album très prometteur, The Elephant in the room, paru il y a deux ans, comptait de savoureux moments (Water Came en meilleur exemple).
Photo © Olivier Lovey