Festival

Merci, Bonsoir ! : « On est partis de vraiment rien »

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Le spectacle Exit du Cirque Inextremiste avec littéralement une montgolfière face au public ; la nouvelle création de quelque trois heures de la compagnie Marzouk Machine ; le « clown culte » chilien Tuga… Quand Fabien Givernaud, directeur artistique de l’association Mix’Arts, évoque les temps forts de la onzième édition de son festival Merci, Bonsoir !, il est plutôt bavard. Et « fier » de ce qu’est devenu son bébé au fil des éditions et de son installation progressive au parc Bachelard, au sud de Grenoble, avec le Prunier sauvage pour partenaire. « On est partis de vraiment rien – une asso inconnue, des gens inconnus, zéro subvention… – et, en dix ans, on a réussi à faire l’un des plus gros festivals d’arts de rue en France ! »

Car entre spectacles et concerts, le succès est au rendez-vous chaque mois de septembre, avec environ 40 000 spectatrices et spectateurs sur quatre jours pour les dix ans l’an passé. Et un public varié allant des habitués aux simples curieux, estime Fabien Givernaud. Un aspect fédérateur et populaire qu’a bien relevé l’Hexagone, le théâtre de Meylan partenaire du festival, qui permet cette année la programmation d’un grand spectacle comme Exit. « 40 000 personnes, c’est grosso modo ce que je vois dans ma salle sur une année complète », calcule, dans une vidéo promotionnelle du festival, Jérôme Villeneuve, directeur de l’Hexagone.

« Un côté cocon, village »

Ce succès croissant pose toutefois aujourd’hui quelques questions logistiques à Fabien Givernaud. « Le côté parc donne un côté cocon, village. Mais cela nous restreint, on arrive à une saturation niveau fréquentation. Quand il faut attendre parfois une heure comme à Chalon (Chalon-sur-Saône, là où a lieu chaque été le fameux festival Chalon dans la rue, ndlr) pour espérer obtenir une bonne place, c’est pas super. Et on a aussi des espaces de jeu très limités. On ne peut pas faire certains spectacles, parce qu’il n’y a pas de béton dans le parc par exemple, ou des petites rues pour des déambulations. »

Il verrait donc bien Merci, Bonsoir ! essaimer ailleurs en ville, tout en gardant un point d’ancrage au parc Bachelard (« on y est attachés, ça a un sens politique très fort pour nous »). « Il y a tout à imaginer. Mais ça ne dépend pas que de nous. » Fabien Givernaud pointe ainsi le fait que les autres festivals du genre en France sont portés par des Centres nationaux des arts de la rue et de l’espace public et/ou par des collectivités, tandis que Merci, Bonsoir !, avec son budget de 260 000 euros dont 70% en recettes propres, ne l’est que par une petite association. « On est face à une sorte d’impasse de développement. Tant que la Ville de Grenoble ne se décidera pas à devenir coorganisatrice de l’événement (elle apporte aujourd’hui une subvention de 50 000 euros, ndlr), ça risque d’être compliqué. » À bon entendeur…

Photo ©Aurélie Machefaux

MERCI, BONSOIR #11

Du mercredi 16 septembre au samedi 19 septembre

Parc Bachelard (Grenoble)

Prix libre

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