Truffée de pièces rares et inédites, l’exposition du Fonds Glénat pour le patrimoine offre une belle occasion de renouer avec Mickey, le personnage de cinéma autant que l’icône de la pop culture.
/ Par Benjamin Bardinet
Devenu une éminente figure de la pop culture du XXe siècle, Mickey est désormais un personnage dont on a parfois oublié les origines. Ça tombe bien, c’est là-dessus que l’exposition de la fondation Glénat fait le choix de revenir. Consacrée au héros de dessin animé, la première partie de l’expo rappelle que, lors de sa création en 1928, Mickey est pensé pour le cinéma et inspiré par ses pairs, Charlie Chaplin et Douglas Fairbanks. Fruit de l’imagination de Walt Disney et du talent de dessinateur d’Ub Iwerks ,la sympathique souris est un personnage finalement assez sage voire un poil insipide. Comme Tintin (autre figure « insipide » de la pop culture) il a un signe distinctif (ses grandes oreilles) et comme dans les BD d’Hergé, ce sont les personnages secondaires qui donnent du piment aux histoires (Donald, Pluto…). Mais à la différence (notable) de Tintin, Mickey est accompagné dès le début par une figure féminine (un brin stéréotypée mais pas complètement nunuche) : Minnie.
La seconde partie du parcours nous plonge dans l’univers foisonnant des publications. Fort du succès cinématographique de sa souris, Disney en propose dès 1931 une déclinaison en strip qu’il fait publier dans de nombreux quotidiens avant de finalement lui consacrer un magazine complet dès 1933. L’exposition présente de remarquables strips originaux de Floyd Gottfredson, de nombreuses publications originales ainsi que les planches récemment réalisées par des dessinateurs franco-belges auxquels Glénat a confié le mythique personnage après en avoir négocié les droits auprès de Disney – ce qui, on l’imagine, ne fut pas une mince affaire. On reconnaît ainsi les traits souples de Cosey, l’effervescence de ceux de Loisel ou encore le travail minutieux et fourmillant de détails d’Alexis Nesme.
La dérive des produits dérivés
Enfin, la troisième partie de l’exposition est une sorte de brocante de rêve consacrée au personnage de Mickey dans laquelle on trouve pêle-mêle une toupie, un service à thé, un jeu de bowling, un train électrique ou une poupée effrayante (Mickey avec des dents… et cinq doigts !) témoignant du fait que les canons esthétiques du personnage mettront quelques années à être codifiés. Une exposition sympathique qui ravira petits et grands, fans et néophytes.
Photo © Christophe Levet