On flâne

Portrait de quartier : une journée à Saint-Laurent

/ Par Pascale Cholette

Le matin

Ici l’exposition est idéale et, par joli temps, on bénéficie du soleil toute la journée. En traversant l’Isère par le pont de la Porte de France, on arrive au pied du jardin des Dauphins, ouvert dès 9h en cette saison. Par une pente douce, on serpente à travers les arbres pour monter tranquillement vers le haut de la Bastille. Ne vous laissez pas impressionner par les joggeurs aussi surlookés que déchaînés ! On peut aisément prétexter admirer la vue – superbe – pour faire des pauses et souffler un peu. Ainsi on ne présagera pas du temps qu’il vous faudra pour accéder à la fameuse fortifiée qui domine Grenoble, sur les contreforts de la Chartreuse, depuis le début du XIXe siècle. Vous pourrez regretter alors, arrivé au sommet, de ne pas avoir pris le téléphérique, à voir la fraîcheur des passagers qui descendent de la gare supérieure. Pour amorcer la descente il est possible d’emprunter les marches qui descendent côté nord-est. La légende veut qu’elles soient aussi nombreuses que les 365 jours de l’année… Elles vous mèneront en plein cœur du quartier Saint-Laurent, au pied de la statue du lion terrassant un serpent, figure allégorique du domptage des eaux par Grenoble au cours du XIXe siècle. Possibilité alors de faire une nouvelle pause en face de la passerelle piétonne, à la terrasse du Old Bridge (ça ne s’invente pas).

Après le sport, place à un peu de culture ! Le Musée dauphinois, niché dans un ancien couvent, accroché juste à côté sur les pentes que l’on vient de dévaler, est dévolu à l’histoire et aux traditions alpines, à travers les hommes qui la peuplèrent. On brûle d’impatience d’y découvrir la nouvelle exposition sur la famille d’ébénistes Hache, qui sera inaugurée à l’heure où vous lisez ces lignes : foncez-y ! Et n’oubliez pas de faire un détour par les jardins en terrasse, prodigieusement fleuris en cette saison.

À midi

Pour déjeuner, comment ne pas penser pizza sur les quais Saint-Laurent ! Le quartier surnommé « la petite Corato » n’a pas volé sa réputation, à voir l’enfilade de pizzerias qui jalonnent la rive droite de l’Isère. Malheureusement, les essais n’ont pas toujours été probants alors, si on est en semaine, et que la toujours impeccable Toscana et ses fameuses napolitaines est fermée, on peut se rabattre en confiance sur La Casa Bonita franco-péruvienne de Paula, place de la Cymaise. La carte, plantée sur les deux cultures, passe sans transition du ceviche d’omble chevalier aux ravioles patate douce, gorgonzola et scamorza, mais toujours pour le meilleur ! N’hésitez pas à déguster en apéritif une chicha morada, au maïs violet. Pour le café, pourquoi ne pas le prendre à emporter à l’épicerie de Walid, à quelques pas, pour filer le déguster au bord de l’eau, sur les vastes transats de bois, en plein cagnard.

restaurant La Casa Bonita, quartier Saint-Laurent à Grenoble

L’après-midi

Comme tous les musées départementaux, le Musée archéologique et sa fameuse crypte mérovingienne est gratuit lui aussi. Il est accessible un peu plus loin, en remontant la rue Saint-Laurent. C’est ici que chaque saison débute et s’étend la grande brocante emblématique du quartier. De nombreux ateliers d’artistes et d’artisans jalonnent aussi cette rue qui a su garder une âme populaire. Ainsi, deux espaces, d’ambiances assez différentes, vous proposent d’exercer la céramique, et ce de 7 à 77 ans. Faites un tour à l’atelier Popipo de Pauline, et chez Carine à l’atelier Kaolin, et choisissez vos points ! On peut aussi en flânant, en face du petit parc qui ouvre la rue sur la rivière, s’arrêter devant les kimonos faits main de la créatrice Catherine Valentin. Les tissus, en textile jacquard, prennent la lumière d’une manière spectaculaire et ont un tombé tout particulier.

Le soir

Avec grand plaisir, on retrouve le Harvest (que l’on a d’abord connu à Saint-Bruno) pour une nouvelle ère, vue sur rivière. Toujours avec une vaste sélection de quilles naturelles du meilleur aloi, et des featurings de folie pour proposer, sur des thématiques pointues, du manger approprié. Il est bon de réserver ! Si le cœur vous en dit pour un dîner sophistiqué, le 292 de Nathalie, encore rue Saint-Laurent, vous mettra les petits plats dans les grands. Une cuisine sensible de bistrot raffiné, dans un décor intimiste mais pas galvaudé. Convaincu ? Elle propose aussi des ateliers culinaires pour apprendre tous ses tours et manières. Pour boire un dernier verre, le mythique club grenoblois, que dis-je la boîte de nuit éternelle, Le Vieux Manoir, est toujours là, toujours vivant, toujours debout. 55 ans tout de même d’existence avec ses quatre salles… et quatre ambiances ! On avoue que ça fait un bon moment qu’on ne s’est pas frotté à ce monument local… On compte sur vous pour nous raconter !

Photo © Pascale Cholette

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