Dédié au documentaire de création, le festival Le Monde au coin de la rue revient le temps d’une semaine à la Salle Noire. Au programme, des réalisateur·ices invité·es, une déco chaleureuse, un ciné-brunch le samedi… et 21 films projetés. En voici six d’entre eux.
Jungle
Cris, larmes, éclats de rire, angoisses, engueulades, soirées sans fin… Porté par une énergie démesurée, le film de Louise Mootz nous plonge dans le quotidien sans concession d’une bande d’amies du nord-est parisien. Crues, cash, extraverties, précaires, fêtardes, artistes, amoureuses, Bonnie, Dounia, Solveig, Héloïse, Lila et leurs proches vivent leurs vies à 300 %, sans aucune intention de s’excuser d’être là. Touchantes, exaltées, contradictoires, elles nous laissent sur les rotules, au bord de l’épuisement.
Lundi 23 nov. à 18h
The Diary of a sky
Troublant essai vidéo signé par l’artiste jordanien Lawrence Abu Hamdan, The Diary of a sky prend la forme d’une réflexion à voix haute sur la militarisation de l’air et l’utilisation coercitive de la pollution sonore. Prenant comme point de départ le recensement mensuel des violations de l’espace aérien libanais par l’armée de l’air israélienne pendant la pandémie du Covid, le film interroge, analyse, compare, extrapole parfois, livrant in fine un constat aussi glacial que percutant.
Mar. 24 nov. à 18h
With love and rage
16 novembre 1980 aux États-Unis. 2000 femmes se rassemblent pour la Women’s Pentagon Action et encerclent le bâtiment du Pentagone pour protester contre le réarmement du pays. Puisant dans les vidéos et photographies tournées in situ par les participantes, la réalisatrice Bojina Panayotova les mêle à des interviews audio, extraits de films et de discours militants dans un brillant montage qui restitue toute la puissance politique, poétique, émotionnelle et contestataire de l’événement.
Jeu. 26 nov. à 18h
From dawn to dawn
Portrait étrange, flottant, anti-spectaculaire, de son grand frère taiseux A Wen et de ses acolytes, gangsters quarantenaires chinois installés en Espagne, le docu de la réalisatrice Xisi Sofia Ye Chen ne ressemble pas à grand-chose d’autre. Loin des films de triades hongkongais qui ont bercé son enfance, A Wen discute avec sa bande d’insomnie et de dépression, retourne en Chine le temps d’une retraite spirituelle… En creux, se dessine l’image d’une diaspora singulière, qui semble osciller en circuit fermé.
Jeu. 26 nov. à 20h30
Qu’est-ce qu’on va penser de nous ?
Élevée en milieu rural par un père tour à tour ouvrier, cantonnier et balayeur et une mère secrétaire, Lucile Coda coche toutes les cases de l’ascension sociale : diplômée d’une école de commerce, un début de carrière dans le marketing… À travers ce docu, elle interroge son parcours de transfuge de classe en retournant filmer ses parents. Sensible, émouvant, jamais démonstratif, son film passe moins par la parole que par les non-dits, les regards, les attitudes… Une vraie réussite.
Ven. 27 nov. à 18h
Garder la montagne
Dans les hauts plateaux reculés du Monténégro, une bergère élève une jeune adolescente, tout en luttant bec et ongles contre l’implantation sur leur territoire d’un terrain d’entraînement militaire de l’OTAN. Un mode de vie rugueux, isolé, austère qui n’en contraste pas moins avec l’infinie douceur dont elle témoigne pour la jeune fille comme pour ses animaux. Progressivement, sans emphase, on découvre leur environnement, leur quotidien, mais également le lien traumatique qui unit les deux femmes.
Ven. 27 nov. à 20h30
Photo To Hold a mountain ©DR