En 2016, le musicien André Balaguemon emmène deux de ses filles dans une aventure iconoclaste : former un orchestre béninois exclusivement féminin, afin de diffuser (et d’appliquer) un message d’émancipation des femmes, dans un pays où mariages forcés et grossesses précoces sont fréquents. Âgées de 6 à 13 ans, voilà sept jeunes filles embarquées dans ce qui s’appellera Star Feminine Band – où se mêlent chant, guitare, basse, synthé, batterie pour une musique mixant traditionnel et influences plus contemporaines. C’est d’ailleurs un label de rock très en vue, Born Bad Records, qui repère la formation, publiant un premier disque à la veille du Covid et contribuant à l’explosion du groupe en Europe.
Près de 10 ans après la naissance du Star Feminine Band, objet de curiosité médiatique (difficile de ne pas déceler une certaine empathie post-colonialiste dans certains reportages), il est heureux de constater que c’est désormais leur travail de musiciennes, avant tout, qui force l’admiration sous nos latitudes. Dans leur solide troisième album, Jusqu’au bout du monde, qui vient de paraître, elles clament : « C’est Star Feminine Band qui a gagné. » Aucun doute. / HV
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