Après le surprenant « Périmètre de Denver » en 2022, la circassienne et comédienne Vimala Pons revient avec un énigmatique « Honda Romance » qui sera créé mi-septembre en Suisse avant de jouer début octobre à la MC2, là où elle est artiste associée. On a tenté d’en savoir un peu plus.
/ Par Aurélien Martinez
Dans son précédent spectacle Le Périmètre de Denver, passé à la MC2 en 2022, Vimala Pons portait des objets gigantesques en équilibre sur sa tête pendant qu’une histoire de Cluedo avec notamment Angela Merkel se dessinait sur le plateau – un exposé on ne peut plus sommaire, certes. « Son travail mêle énergie brute et créativité débridée », assure la MC2 à son sujet, qui en a fait son artiste associée. C’est là aussi fortement résumé, même si tout ceci permet d’approcher à petits pas la curiosité scénique qu’est cette circassienne et metteuse en scène également actrice de cinéma (La Fille du 14 juillet, Vincent n’a pas d’écailles, La Loi de la jungle, Vincent doit mourir…) avec un savoureux léger décalage dans le jeu face caméra mais rien sur sa tête – du moins rien qui ne pèserait plus qu’un couvre-chef.
La voilà de retour sur scène, avec une nouvelle proposition pour une dizaine d’interprètes baptisée Honda Romance qui sera dévoilée en septembre à Genève avant de jouer dans la foulée à la MC2. « La pièce cherche à peindre le mouvement des émotions qui appartiennent à tous les cœurs », a-t-elle écrit en note d’intention. « Cela fait longtemps que je veux travailler sur les émotions. Comment on fait avec ce flux de pensées non hiérarchisables, que tu ne peux pas arrêter, avec lequel il faut vivre, qui est complètement amoral, super intelligent, obscène ? », a-t-elle détaillé à la Comédie de Genève – nous avions demandé une interview, mais son planning était trop serré, nous a-t-on répondu.
Où, à ce qu’on en a compris, il sera question d’un satellite-narrateur, d’un casque électroencéphalogramme, d’intelligence artificielle ou encore d’une composition musicale de Rebeka Warrior. Et, forcément, d’équilibre émotionnel et physique, que Vimala Pons poursuit depuis plus de 40 ans.
Karaté kid
Son parcours personnel comme artistique est à son image : protéiforme. Née en Inde, là où ses parents se sont rencontrés en 1983, elle débarque en France à l’âge de 7 ans avec sa famille et fera du tennis et du karaté à haute dose, finissant même championne des Hauts-de-Seine du second sport à 10 ans. Voilà qui pose de bonnes bases. Après le bac, elle étudie l’histoire de l’art puis le cinéma dans le but de devenir scénariste, tout en prenant des cours de théâtre à côté, pour le plaisir. Ou quand le plaisir devient métier.
Car au fil des projets, elle partira finalement vers le théâtre (au prestigieux conservatoire de Paris), puis vers le cirque (au lui aussi prestigieux Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne), ce qui l’amène aujourd’hui à défendre cette liberté de création tout-terrain. Cette même liberté qui, sans doute, lui a fait décliner l’invitation à rejoindre la, là encore, prestigieuse Comédie-Française qui la convoitait ; et qui lui donne le luxe de pouvoir créer des spectacles ovniesques. « On écrit pour comprendre plus tard ce qu’on a voulu dire », expliquait-elle récemment à Libération. Rendez-vous dans plusieurs années pour comprendre Honda Romance ?
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