« On organise des élections scolaires pour vous faire croire que vous avez du pouvoir. Puis après, on organise une fête costumée pour vous faire oublier que vous n’en avez pas. » Personne ne pourra reprocher à la compagnie québécoise du Théâtre Bluff et à l’auteur David Paquet de livrer au public adolescent (à partir de 12 ans) un spectacle au rabais tant leur Poids des fourmis est dense, riche et audacieux. Prenant pour prétexte un simulacre de démocratie dans un lycée bien déglingué, le récit se transforme très vite en satire politique endiablée portée par des personnages hauts en couleur, aussi bien du côté des élèves que du personnel encadrant.
Sur le plateau, quatre interprètes s’en donnent à cœur joie dans cette farce aux frontières de l’absurde, offrant un jeu par moments volontairement excessif renforcé par la mise en scène de Philippe Cyr pleine de trouvailles visuelles – dont une piscine à balles. Une proposition en forme de manifeste de résistance qui, si elle apparaît trop chargée, a de quoi galvaniser l’audience à qui elle s’adresse – des ados révoltés, donc, jusqu’aux adultes les plus boomers – en ces temps d’écoanxiété, d’illibéralisme et de monde qui ne tourne plus rond. « Les fourmis sont des poids lourds ! » / AM
Photo © Yannick Macdonald