Après quatre années de fermeture, le musée Géo-Charles accueille à nouveau du public grâce à une exposition qui permet de renouer avec les particularités du lieu, de la collection et de ce collectionneur-poète amateur de sport qui lui donne ce nom si singulier.
/ Par Benjamin Bardinet
Journaliste, poète, sportif et amateur d’art moderne, Géo-Charles est une figure étonnante qui constitua dans les années 1920 une petite collection d’œuvres dont sa femme Lucienne fit don à la ville d’Échirolles en 1981. La réouverture du musée qui porte son nom est l’occasion de revenir sur la vie de ce personnage singulier, membre actif des cercles artistiques parisiens des années 1920 et rédacteur en chef de la revue de poésie et littérature Montparnasse. Outre des exemplaires de cette fameuse revue, on découvre dans la première salle du parcours quelques œuvres réalisées par les artistes qu’il fréquentait : une lithographie d’un surprenant motif végétal de Fernand Léger, un inquiétant Frans Masereel, ainsi qu’une peinture religieuse aux accents néo-cubistes de l’artiste brésilien Vincente do Rego Monteiro.
Avant-gardes et sport
À l’étage, l’exposition se poursuit sur trois salles. La première est dédiée à la fameuse donation faite en 1981, la seconde expose des pièces ayant un lien avec le sport (thématique chère à Géo-Charles autant qu’à la ville d’Échirolles), tandis que la troisième présente une sélection d’œuvres plus récemment acquises par le musée. Si on trouve dans la première salle une forme de cohérence avec des œuvres allant de l’expressionnisme à l’abstraction et attestant du foisonnement des recherches formelles menées tous azimuts par les avant-gardes artistiques des années 1920, le reste de l’accrochage paraît tout de même un peu disparate et pour le moins hétéroclite. Cela n’empêche de repérer quelques pièces assez fascinantes comme l’énigmatique paysage abstrait de Rathegeb, le délicat collage miniature de Philippe Favier, ou encore l’assemblage coloré et nerveux de Françoise Pétrovitch. Plus dur pour nous d’être emballés par la dernière salle dont les œuvres plus récentes, de plus grand format, souffrent souvent d’être un peu trop marquées du sceau de leur époque, celle, maudite, des années 1980…
Photo © Manon Sisti