« L’A-France est l’asile, l’absence et l’exil » slamait-il dans son premier album Pili pili sur un croissant au beurre (2013). Car tout a commencé par un rapatriement. À 13 ans, contraint de fuir la guerre qui s’abat sur l’Afrique des Grands Lacs, Gaël Faye découvre les scènes slam de la banlieue parisienne qui deviennent son refuge. Destiné à une carrière de businessman (il s’en est fallu de peu), le Franco-Rwandais choisit finalement de troquer le costume pour la plume. Résultat : un slam revendicatif, garant d’une génération tiraillée entre ses rêves et la violence d’une société corrompue.
Chaque morceau est minutieusement ficelé avec des guests comme Bonga, Ben l’Oncle Soul, Flavia Coelho ou encore Saul Williams. Un savant mélange avec des textes ciselés, un flow qui rappelle le rap soul de The Roots ou Public Enemy, le tout sur fond d’arrangements jazzy, de rumba congolaise et de sonorités funk. D’un projet à l’autre, Gaël Faye nous emporte dans un entre-deux où tout se joue : l’Afrique et la France, l’évasion et la routine, la musique et la littérature… On se souvient de sa visite à Grenoble en 2024 pour la promo de son deuxième roman Jacaranda. Il est de retour en concert à La Belle Électrique pour deux soirées (déjà complètes), de quoi patienter en attendant la sortie d’un nouvel album actuellement en préparation. / NDF
Photo © Jérémy Beaudet