Festival

Qui voir (et surtout écouter) à la Guinguette électrique cette année ?

La Draille x Sekhem

Un programme léché et aux petits oignons avec La Draille et Sekhem pour ouvrir le bal (enfin, la guinguette). On salue l’initiative de la Belle d’inaugurer ce marathon estival avec deux collectifs grenoblois qui font la part belle aux pépites locales, s’échinant à faire danser les corps depuis plusieurs années (cerise sur le gâteau, en essayant d’être toujours le plus accessibles possible). Une diversité musicale annonçant une soirée qui nous fait déjà saliver avec Louej de La Draille au style plus house et groovy et cleo de Sekhem pour une techno plus lourde. Le closing sera offert à l’artiste corse Pascal Ordioni aka P.O, un des fers de lance des sonorités de la rave. / AB

Sam. 20 juin

Yoni Yon + DJ Sebb

Une super méga joie nous envahit pour cette soirée (et c’est un euphémisme). Une promesse de bouger, sourire et transpirer à coup sûr. L’étoile montante Yoni Yon, connue pour naviguer entre le baile funk, l’afro-house techno et la trap, démarrera sur les chapeaux de roues (des roues tunées de flammes et paillettes). On nous informe dans l’oreillette qu’elle sera accompagnée de Barzotti Dubz, fondateur de Beatwatch et fidèle ambianceur. Ensuite, elle laissera sa place au patron réunionnais Victoire Sébastien alias DJ Sebb. Vous aimez le maloya, l’eurodance et le dancehall ? Le producteur a tout simplement mélangé le tout pour créer son propre style, la Gommance. Une ébullition attendue, donc. / AB

Dim. 21 juin

Nana Benz du Togo

Un mini-clavier Korg aux sonorités surannées, un set de percussions de fortune, des lignes de basse dynamiques produites par un dispositif de tubes de PVC frappés d’une semelle de tong, voilà tout ce dont a besoin Nana Benz du Togo pour nous faire danser… Et pour nous captiver définitivement, il faut ajouter à ce cocktail détonant les voix puissantes et revendicatrices des trois chanteuses qui mènent le bal et embarquent le public comme un seul homme dans une transe musicale aussi euphorique que dynamique… Et une fois de plus ce sont des artistes du continent africain qui nous rappellent qu’on peut faire beaucoup avec peu. / BB

Mer. 24 juin

Ukandanz

Né de la rencontre énergisante du chanteur éthiopien Asnake Gebreyes et d’un quatuor français mené par Damien Cluzel, le groupe Ukandanz délivre un rock garage au groove rageur qui ne devrait pas laisser insensibles les amateurs de sensations fortes. Les riffs éruptifs de saxophone ténor et de claviers entretissés répondent à la voix habitée d’Asnake Gebreyes – tour à tour profondément rauque ou puissamment nasillarde – le tout embarqué par les polyrythmies hypnotiques forgées par une section basse-batterie de première bourre. Bref un combo dont la prestation live devrait en défriser quelques-uns et faire danser les autres. / BB

Ven. 26 juin

Summer Pearl

Une artiste brute, consciente et avertie. C’est ainsi qu’est décrite Summer Pearl. De la soul au jazz, en passant par le hip-hop ou le dub, la Londonienne se révèle par ses titres réfléchis sur son passé et notre présent. Car son objectif est de relater des situations communes, auxquelles nous pouvons tous nous identifier. Et honnêtement, ça marche plutôt bien. On est rapidement transporté dans son univers et on se met à penser au nôtre. En live, l’immersion est encore plus directe (à confirmer le 4 juillet au soir). Par ailleurs, son utilisation – maîtrisée – de sonorités issues de plusieurs genres musicaux nous rappelle vraiment quelqu’un : Erykah Badu, bien sûr. L’icône de la néo-soul est une inspiration assumée, que Summer Pearl cite dans son morceau THE CREATOR : « Queen Badu ».  / TP

Sam. 4 juil.

Lucas Santtana

Un bien bel album que ce Brasiliano de Lucas Santtana, un geste ambitieux aussi : privilégier la langue – le brésilien et ses cousins – afin de célébrer l’importance du langage en tant qu’élément constitutif d’une culture. Pour ce faire, l’artiste convoque une multiplicité de voix, un chapelet de duos internationaux avec des gens comme Gilberto Gil (évidemment), Flavia Coelho (évidemment bis), les Occitanes de Cocanha pour l’une des plus belles chansons de l’album ou le Britannique d’origine italienne Piers Faccini sur un morceau chanté en français, Battre des ailes, qui nous envole haut, très haut. Même si tout ce beau monde ne sera pas présent à la Guinguette (à moins que la Belle ait explosé les budgets), on compte bien y retrouver l’essence de cette musique intemporelle sous une chaleur toute tropicale. / HV

Mer. 8 juil.

Tracy De Sá 

Pussy power ! Oui on a osé. Mais il n’y a pas de façon plus directe et appropriée de présenter la rappeuse Tracy De Sá (en photo). Originaire d’Inde, basée aujourd’hui à Lyon et passée par le Portugal et l’Espagne, elle révolutionne le hip-hop moderne. Des sons multilingues, des textes féministes qui abordent la sexualité ou la réappropriation du corps… Elle a d’ailleurs créé le “Pussy Club”, réservé aux femmes et aux personnes queer, pour les encourager à monter sur scène et à construire leur carrière. Bref, Tracy De Sá amène du féminin dans un genre musical bien trop dominé par les hommes et ça fait un bien fou ! On a hâte de retrouver son énergie à la Guinguette ! / TP

Ven. 10 juil.

Photo © Jon Verleysen

LA GUINGUETTE éLECTRIQUE

Du samedi 20 juin au samedi 11 juillet

La Belle Électrique (Grenoble)

Gratuit

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