La musique du collectif sud-africain BCUC a quelque chose d’étrangement magique. En effet, bien qu’elle nous soit familière (on les a vus plusieurs fois passer dans nos contrées depuis leur révélation en 2019 aux Trans Musicales de Rennes), elle sonne perpétuellement nouvelle à nos oreilles. Portées par les rythmes puissants d’un ensemble de percussions, les différentes voix masculines ou féminines des membres du collectif, tour à tour gutturales ou nasillardes, braillardes ou harmonieuses, s’épanouissent sur des lignes de basse dont la simplicité punk charpente le tout. Une alchimie bien particulière donc, qui semble parvenir paradoxalement à concilier transe et méditation, hymne révolutionnaire et poésie chamanique, soul et esprit punk. Ce pour le plus grand plaisir des corps des spectateurs qui, emportés par l’énergie du groupe, se laissent généralement embarquer dans des danses frénétiques favorisées par la durée à rallonge de morceaux qui donnent une large place à l’impro. Bref, un bon moment cathartique en perspective ! / BB
Photo ©Kasper Bechsgaard