En pleine montagne, chez l’habitant ou dans les petites salles, No Mad joue débranché. Pas de spots, pas de sono. Seulement quelques bougies pour y voir clair tout en s’offrant un jeu de lumière imprévisible au gré des courants d’air. Et un instrumentarium acoustique des plus fournis mêlant guitare, mélodica, violoncelle, alto, clarinette, bouzouki, batterie, percussions… Sans oublier ces voix très pures – sans micro, tout sonne autrement. Précisons tout de même que dans les plus grandes salles (comme ici à la Source ?), le groupe n’exclut pas quelque amplification « tout en gardant la sensation d’un concert non sonorisé ». Certes, le concept n’est pas révolutionnaire, mais il est au service de compositions folk somptueuses, baignées de lueurs nocturnes et d’impressions sauvages – tel est du moins le cas sur leur album Des oiseaux la nuit.
Serait-ce la fin du monde annoncée ou l’âge avançant ? Nous sommes de plus en plus sensibles à ce genre de projets naturalistes et à cette sobriété musicale qui pourrait bien devenir hégémonique, pénurie oblige, en des temps plus lointains… / HV
Photo © Tomas Bozzato