Avec son nom d’alligator (qui, nous dit-on, ferait également référence à des bandits du XVe siècle volant aux riches pour redistribuer aux pauvres – Gabriel Zucman n’en demandait pas tant), Caïman annonce la couleur. Pour cette Lyonnaise, il ne s’agit pas d’écrire des chansons pour rien : « Dreamcore est un manifeste de résistance par le rêve, l’imaginaire et le faire commun. Un réservoir de forces et de mantras », dit-elle pour présenter son deuxième album paru le 31 octobre dernier. Une sortie en plein Halloween qui prend tout son sens : dans cet opus naviguant entre folk sombre et dreampop, Caïman convoque beaucoup de fantômes (auxquels elle croit) suggérant, dans l’un des meilleurs titres de l’album, que « les rêves sont un moyen de retrouver les morts », ou faisant « danser les ombres » lors d’une Nocturne languide en clôture du disque. On l’aura compris, mieux vaut s’ouvrir aux mondes parallèles et autres mysticismes pour embrasser pleinement la musique de Caïman, douce comme une prière. / HV
Photo © Élisa Grosman