Été 2024, avant les fatidiques élections qui ont mené Trump à la présidence des États-Unis pour un deuxième mandat, Jean-Pierre Saez traverse le pays d’est en ouest et tient un journal photographique faisant état de cette société. Un projet pour lequel il fait le choix de voyager en bus et de s’entretenir avec un certain nombre de personnes sollicitées préalablement ou rencontrées au gré du hasard.
L’exposition présente six grands ensembles photographiques qui renvoient chacun à une des villes-étapes du parcours. Sous un soleil radieux, on y perçoit un pays en tension, riche d’une diversité qu’il est toujours bon de rappeler. Les photographies alternent entre portraits d’individus dans leur environnement et images réalisées dans l’espace public. On y voit la présence récurrente d’œuvres de street art et l’omniprésence de SDF qui côtoient l’opulence dans l’indifférence générale. L’espace public parfois totalement déserté (pas un passant, pas un arbre…) apparaît à l’inverse souvent puissamment investi par des foules qui semblent mobilisées (concert, meeting, et même un débat sur le conflit israélo-palestinien qui n’a pas l’air de dégénérer). Un portrait kaléidoscope assez excitant dont l’approche documentaire n’est jamais au détriment du formalisme – on regrette cependant qu’il y ait peu de représentations de la ruralité tant on sait qu’elle est le terreau de l’électorat trumpiste. / BB
Photo © Jean-Pierre Saez