Panier Piano perturbe notre diction et surtout nos perceptions à l’instar d’une virelangue qui invite à créer un nouveau langage sur scène : jouons à danser autrement ! Temmah et Manon, de la compagnie grenobloise Sur le tas, défendent une chorégraphie contemporaine émancipatrice qui transforme notre regard sur le quotidien. Alchimistes, elles font des objets une danse, s’amusent et nous surprennent. Elles sont chorégraphes, un peu clowns, un peu théâtrales et racontent une odyssée de paniers au son d’un piano. L’épopée commence par un amas de corbeilles puis se poursuit par des enjambées paniéresques avant qu’un fol et improbable numéro ne s’empare d’un personnage un peu loufoque aux allures agréablement burlesques !
Aussi, pas de fioritures sur scène : le panier, les interprètes et la musique suffisent à créer le socle de leur inventivité. La sobriété répond à la créativité prolixe qui se déploie dans les mouvements, les regards, les jeux de gestes et de paniers. C’est toute une grammaire qui se déploie sur scène, le mouvement est une ponctuation, le panier l’accent, et la phrase en est sublimée.
Le nouvel usage de l’objet fait son effet parmi un auditoire d’enfants au regard ouvert et frais sur le monde. Les mains se tendent dans le public pour désigner les interprètes sur scène, auréolées de leur joyeuse rêverie fantasque et amusante. À travers la profusion de paniers et d’histoires qu’elles nous racontent, on ne peut s’empêcher d’être pleinement surpris. Quant à la composition originale du piano, elle use des cordes de l’instrument mais aussi de son bois, de ses chevilles… pour créer une diversité de sons des plus inventives. Allez-y ! / DR
Photo © Emmanuel Froger