On ne l’avait pas vu depuis notre enfance – et la plus tendre. Expérience donc que de remater Gremlins (1984), dont les souvenirs vagues charriaient en nous un mélange d’effroi et d’attendrissement, sentiments addictifs puisqu’on se rappelle l’avoir beaucoup regardé, ce film.
25 ans plus tard, on a perdu notre innocence lorsque s’inscrit le titre en lettres rouges sur la ville américaine enneigée. Avec Chris Columbus au scénario, et Steven Spielberg à la production exécutive, ce film est un compromis entre les idées gores (et donc réjouissantes) du premier et les ambitions plus familiales et grand public du second. Résultat, l’adulte passionné de 7e art que nous sommes devenus regrette d’emblée les « gentillesses » d’un cinéma calibré pour le succès, heureusement contrebalancées par un reliquat de radicalité. Qu’il est exquis, ainsi, d’observer les gremlins, mini-démons anarchistes à la peau dure, envahir et détruire cette petite société proprette et hypocrite, sans autre but que de jouir des mêmes vices que ceux de leurs victimes (alcool, armes à feu, malbouffe). Il y a même quelques dialogues inattendus, profondément noirs et cyniques, dont on ne pouvait saisir, enfant, toute la saveur. Verdict : on apprécie toujours. Voilà certes un film de Noël, mais pas tout à fait comme les autres… / HV
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