Tourisme local

« Je te fais visiter ? » : notre circuit pour faire découvrir Grenoble à vos amis de passage

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Grandeur et décadence muséales

Tout bonnement immanquable, le Musée de Grenoble l’est avant tout pour la richesse de ses collections, remarquable. Les périodes XIXe et XXe sont particulièrement fournies en beautés de toutes sortes, de Félix Vallotton à Fantin-Latour, de Pierre Soulages à Soutine. Tandis que votre corres’ s’extasiera devant des toiles que vous ne connaissez que trop bien, des parcours thématiques vous permettront de sortir de votre marasme et de vous laisser surprendre. Il est toujours nécessaire de rappeler que le billet d’entrée est désormais gratuit pour tout le monde.

À la sortie du musée, il suffit de sinuer rapidement entre les ruelles pour faire un petit voyage dans le temps. On atterrit alors sur la place de Verdun, sa préfecture, et l’énorme bâtiment qui abritait cette fois l’ancien musée de peinture et la bibliothèque municipale. Si, actuellement, il est possible de visiter deux expositions – dont une présentant une sélection d’œuvres issues du Street art festival (jusqu’au 19 juillet) – le détour vaut surtout pour la décadente magnificence de l’édifice. Les boiseries et les étagères qui couvrent la partie bibliothèque colossale, le décor ultra chargé du hall célébrant Grenoble et ses ex-patronymes Cularo et Gratianopolis, le rouge pompéien qui orne les murs des salles réservées dans le temps aux expositions, la façade néo-classique imposante… Mais tout est dans son jus : les coupoles de verre et leurs plafonds qui pèlent sont masqués par des voiles qui peinent à contenir la déliquescence. Un ensemble combinant grandeur et décadence, qui ravira les amoureux des vieilles pierres et des vieilles choses ! Et celleux qui voudraient interroger la pertinence du projet de la mairie d’intégrer une énième salle d’escalade en son sein

Pause d’été en jardin d’hiver

Car justement, on se dirige maintenant vers l’Orangerie perchée, fraîchement rénovée, et qui dispose d’une salle de bloc dernier cri. Ouverte même en soirée, elle est parfaite pour s’initier en sécurité. En attendant, on préfère simplement se glisser sur les canapés du lumineux restaurant-bar attenant, à la faveur des immenses fenêtres du bâtiment, qui éclairaient en hiver les plantations municipales amenées dans ce jardin d’hiver pour les abriter du froid. On y mange bien, fait maison, frais et végétarien, en s’installant pourquoi pas sur la grande terrasse, en retrait de l’avenue et de son agitation.

Que la montagne est belle (et bonne)

Rassérénés – comme chacun sait, il est toujours préférable de faire ses courses le ventre plein –, on est prêts pour un peu de shopping ! À quelques encablures, au sein du quartier des antiquaires, se trouve la fromagerie de la Sapaudie, en lieu et place de l’ancienne laiterie Bayard. C’est le second établissement d’Alexia et Sébastien, ouvert en 2026 après celui créé il y a quelques années à Montmélian. Ces grands amateurs et connaisseurs de fromage proposent un large choix, de la tomme infusée aux fleurs en passant par le beaufort AOP, jusqu’au très goûtu bleu de Termignon. Les grands classiques y figurent tous, et les experts découvriront de nouvelles saveurs très pointues. L’adresse idéale pour ramener un souvenir ou un cadeau… gourmand ! Pour d’autres nourritures locales inspirées, la Librairie des Alpes, proche de la place Vaucanson, regorge de trésors à découvrir. La montagne et ses terroirs, les hommes qui la font comme la faune et la flore de nos régions y sont dignement représentés, avec des publications actuelles comme des ouvrages anciens, à des tarifs adaptés à toutes les bourses.

On poursuit notre balade digestive en tirant vers le parc Paul-Mistral. Au carrefour des Diables bleus se trouve la vasque où brûlait la flamme des Jeux olympiques de Grenoble, en 1968. Elle peut constituer un excellent point de départ pour découvrir la transformation architecturale de la ville à cette époque, parcourir les massifs environnants à la recherche des vestiges sportifs de la période et réfléchir ainsi aux futurs JO de 2030… Ou pour un instant plus poétique, regarder le sublime film documentaire de Claude Lelouch 13 jours en France, réalisé donc pendant les jeux de Grenoble et porté par la musique de Francis Lai (film disponible sur YouTube).

Finish freshness

Il est désormais temps de se rafraîchir. Pour cela, les cuves de Sassenage sont parfaitement indiquées, et accessibles en transports en commun (bus 19 ou 20 jusqu’à la place de la Libération, puis suivre les panneaux). Une balade qui sinue le long du ruisseau Le Furon, avec une alternance de bassins et de cascades, sur un parcours ombragé. Il est possible de prolonger l’expérience en visitant la grotte, accompagné d’un guide, et bénéficier ainsi d’un climat tempéré à 12°C toute l’année.

Photo © Pascale Cholette

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