La chanteuse québecoise Klô Pelgag présente son nouvel album, malicieusement nommé « Abracadabra ». Gros coup de cœur !
Au Québec, c’est une véritable star. Du genre à rivaliser, sur le terrain des récompenses (les Félix, leurs
Victoires de la musique à eux), avec une certaine Céline Dion. Klô Pelgag est bien moins connue en France, où elle entame une tournée de salles plutôt intimistes, dont la Source de Fontaine. Et pourtant, oserions-nous dire qu’il s’agit d’une des plus grandes chanteuses pop de notre temps ? Oui. À l’écoute de son quatrième album Abracadabra, le doute n’est plus permis. L’artiste canadienne y dévoile douze chansons d’une grande puissance et trace des chemins mélodiques virant sans cesse de bord, devenant ainsi maîtresse d’un genre tout particulier : le tube virtuose.
Au fil des titres – de l’instrumentale introductive Le sang des fruits rouges, annonçant déjà la grandiloquence des arrangements, à la conclusion Triste ou méchante – on aime à se perdre, à tâtonner, aveuglé par tant de lumière. Car Klô Pelgag ne craint pas les envolées lyriques, les partitions de cordes à se damner ou les supernovas musicales. Fi du dépouillement !
Son créneau est clair : face aux horreurs dans lesquelles sombre notre époque – frêle esquif à vau-l’eau – il s’agit d’éclairer le monde d’une lueur d’espoir, sans lésiner sur les moyens !
Dans ses paroles, finement composées, Klô Pelgag s’inquiète : elle cède aux insomnies (Coupable), s’adresse à sa fille fébrilement : « Je t’ai donné la vie/Je voudrais te donner envie de la vivre », et dresse de tristes constats : « Les puits de lumière laisseront toujours entrer la pluie ». Sa musique pleine d’étincelles sonne alors comme une conjuration, un pouvoir magique pour tout effacer. Abracadabra, nous y sommes. / HV
Photo © Benoit Paille