Amateurs de création artistique à dimension politique et sociale, passez votre chemin ! La Biennale d’art non-objectif fait la part belle à un art non référentiel, purement abstrait – un art dont la recherche formelle est aussi poussée que raffinée. Dans le genre, il y en a pour tous les goûts : jeux géométrico-graphiques (les triangles décapités d’Anna-Maria Bogner), structures en volume (l’art optique de Paolo Cavinato), compositions en tissus déchirés (les tableaux rapiécés d’Olga Jakob) ou encore œuvres post-minimales (l’accrochage méticuleusement éclaté de Russell Maltz). Parmi ces œuvres, on apprécie particulièrement celles qui jouent de manière subtile avec notre perception de la matière : les papiers encrés de Natalia Jaime-Cortez qui évoquent de fines plaques de métal corrodées, les oscillations névrotiques de l’acrylique sur papier de Kenji Yanagi qui rappellent les bons vieux tableaux noirs, ou encore les légères feuilles d’aluminium courbées d’Atsuo Hukuda qui semblent d’une robustesse à toute épreuve. / BB
Photo © Benjamin Bardinet