C’est devenu avec le temps un tel classique qu’on oublierait presque à quel point La Nuit des morts-vivants de George A. Romero constitua un choc lors de sa sortie en 1968. Production indépendante au budget dérisoire, le film, qui oppose un petit groupe d’individus assiégés à une horde de zombies, emprunte largement au roman Je suis une légende de Richard Matheson, donnant naissance à une menace quasi existentielle qui rompt avec l’image antérieure du zombie haïtien contrôlé à distance.
Mais Romero pousse le curseur plus loin encore : la menace est aussi intérieure, les forces de l’ordre ne sont pas fiables et même l’enfance est corrompue. Reflet des conflits qui rongent l’Amérique (violences raciales, guerre du Vietnam…), le film montre la propagation du chaos en action, dont personne ne sortira indemne. Si l’on ajoute à cela quelques touches de gore, encore rares à l’époque, on comprend vite que le public était loin d’être prêt pour ce qu’il s’apprêtait à découvrir à l’écran. / DG
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