Théâtre

"Mort d'une montagne" : quand le théâtre vise les sommets

/ Par Doriane Rey

C’est l’histoire d’une fratrie (Fanny, Pierre et Benjamin), c’est l’histoire de nos montagnes, c’est la question du risque, l’interrogation du devenir de nos sommets à l’aune des bouleversements climatiques. C’est un spectacle qui questionne la relation que nous lions à la nature de façon intense et sensible, quasi documentaire.

Sous la plume de Jérôme Cochet et de François Hien, naît l’histoire d’une montagne qui perd son souffle et de ses occupants qui tentent encore de la comprendre et de l’habiter. Le premier est directeur de la compagnie Le Chant des pistes et s’adonne régulièrement au milieu alpin, le second quant à lui, est auteur, comédien, directeur de la compagnie l’Harmonie Communale et néophyte des sommets : de leurs deux plumes surgit un récit pertinent et passionnant.

Histoire de famille

Le spectateur s’immisce dans une saga familiale où les personnages sont magnifiquement interprétés : ils touchent notre sensibilité dans tout leur éclat de sincérité, leurs faiblesses et leurs grandeurs. Comme en miroir, l’on suit le frère et la sœur dont les langues se délient en même temps que le troisième de la fratrie tente la course mythique et périlleuse de la Grande Reine. L’ascension de ce massif imaginé pour la pièce est une montée en puissance du récit. Notre attention est éveillée, notre souffle court, la peur et l’adrénaline nous confondent dans cette quête du plus grand que soi. Et la question se fait jour : pourquoi l’homme a-t-il la nécessité de se confronter à la démesure des sommets, serait-ce pour défier sa propre insignifiance ? Pourtant quelque chose là-haut se produit : « Le chrono ne compte plus, la raison n’a plus cours, il y a la sensation grisante et joyeuse que rien, jamais, n’aurait pu être autrement. »

Il est si exaltant de suivre ce récit que l’on aimerait que ça dure encore et encore mais toute bonne chose a une fin. Heureusement, on se réjouit déjà de savoir qu’un second volet sera proposé au public cette même saison avec Feu la forêt (au TMG, à l’Ilyade et à l’Espace Paul-Jargot) ! De quoi faire durer le plaisir, on a hâte de vous en parler !

Photo © Alain Doucé

MORT D'UNE MONTAGNE

Mardi 25 novembre à 20h

Jeudi 27 novembre à 20h

Hexagone (Meylan)

De 6€ à 24€

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