Le procédé est efficace. Sur scène, un artiste raconte la vie d’un de ses prédécesseurs, souvent un immense nom dans son domaine, afin de transmettre au public tout son amour pour ce dernier. C’est ce qu’a entrepris l’excellent pianiste François Moschetta avec le légendaire Mozart, même s’il a pris un chemin ironique comme le résume le titre de son spectacle : Mozart, moi ? Jamais !
Car le musicien-comédien, qui avoue s’être lancé dans cette aventure à reculons (Mozart l’a toujours laissé de marbre), use de l’humour pour évoquer son illustre aîné, façon stand-up. Si ce n’est pas l’aspect le plus réussi – la faute à quelques lourdeurs –, le parti pris a le mérite de joyeusement démocratiser un art – la musique classique – corseté voire intimidant pour les profanes. Les moments où François Moschetta, parfaitement à l’aise sur scène, décortique le style de différents compositeurs, rendant hommage à celui de Mozart, sont ainsi accessibles et absolument passionnants, surtout lorsqu’ils sont mis en regard avec la vie dudit Mozart que Moschetta a fini par apprécier. Il n’y a que les imbéciles… / AM
Photo © Stéphane Kerrad