Été 2019, on entre sur un festival à 17h, première bière – la meilleure – à la main, quand au loin résonne : « I want to know what it’s like / on the inside of love… » Toute notre adolescence nous saute à la gorge. Les années 90-2000 imprégnées des fractures américaines, American History X, Bowling for Columbine, Ken Park. Dans une moindre mesure, Nada Surf en était, avec Inside of love, mais surtout Popular (1996), qui nous transportait, nous petits frenchies, dans le cruel jeu social des lycées américains. Nada Surf joue à 17h, en plein cagnard, un très bon concert.
Durablement présent dans notre pack culturel de teenagers MTV, Nada Surf a une notoriété très limitée outre-Atlantique. Un groupe new-yorkais tourné vers l’Europe, peut-être parce que deux d’entre eux ont fait leurs études en France, peut-être parce qu’au sommet de leur gloire, leur maison de disque les a bannis du marché américain. Quoi qu’il en soit, Nada Surf continue de produire des albums de qualité, à l’instar de Moon Mirror (2024). Fidèle à ce son pop-rock mélodique et doux, Nada Surf ne change pas. Sincère. / DD
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