Dessiner, créer, regarder, laisser couler, faire gicler, déborder, raturer, expérimenter et contempler la matière qui prend son propre chemin, voici un acte d’enfance, un acte de découverte et d’observation et surtout, un acte revendiqué par la compagnie Le Bruit de l’herbe qui pousse, qui entend redonner ses lettres de noblesse au temps long des premiers âges.
Ôlô, un regard sur l’enfance porte bien son nom. Les deux interprètes arborent la posture de l’enfant qui joue, s’amuse et découvre son environnement avec joie. D’abord, elles semblent goûter l’espace autour d’elles, tout en regards et en gestes, puis font de la lumière et des sons un jeu. Peu à peu, les deux acolytes se lancent dans l’aventure de la couleur, des teintes évocatrices, inspirantes et amusantes. Il faut encore que les couleurs se mêlent aux sons, aux mains qui tapent, aux mots qui claquent et aux voix qui donnent la cadence. C’est un joyeux entremêlement de bruits, de pigments et d’imaginaire : et pour preuve, des histoires se créent au gré de l’assemblage des aplats colorés et des mélanges de formes : le bleu est une pluie qui ne s’arrête pas, le rouge, un plat de spaghetti, le gris, une nuit en train de fondre… C’est poétique et ludique ! Si Picasso a mis toute sa vie à savoir dessiner comme un enfant, la compagnie a appris à merveille le langage de l’enfance pour sublimer la couleur ! / DR
Photo © Stevan Jobert