Graphisme

"Périscopies" : un tsunami punk au Centre du graphisme

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« Une bonne claque dans la gueule ! » Voilà comment une visiteuse croisée le soir du vernissage nous a résumé son ressenti suite à la découverte de l’exposition Périscopies. En effet, les murs couverts d’affiches du sol au plafond donnent l’impression au visiteur d’être pris au piège d’un raz-de-marée graphique assez stimulant. Et pour cause, il s’agit d’attester de la vitalité de ce qui se crée dans les milieux alternatifs, en marge de la communication mainstream, institutionnelle, dominante et souvent gentiment ronronnante. Pas question de ronronner ici, mais plutôt d’être pris à rebrousse-poil, chahuté par cette cacophonie visuelle faisant fi de toute hiérarchie et laissant une large place à l’expérimentation : des affiches simplement photocopiées côtoient des sérigraphies (certaines encadrées, d’autres pas), des figures majeures du graphisme sont exposées à proximité de personnalités plus obscures tandis que, par-ci par-là, on reconnaît des acteurs de la scène locale.
Une fois remis de cette première claque graphique, le regard du visiteur se plonge dans les projets et discerne alors des ensembles que de petits textes viennent éclairer, soit en laissant la parole aux graphistes, soit en donnant quelques éléments factuels sur un processus technique de production. Car si cette exposition est (en toute logique) faite avec les moyens du bord (et l’aide de la puissante réactivité du réseau des créateurs de l’ombre), elle n’en reste pas moins intelligemment pensée et organisée.
Parti de l’idée de témoigner du mouvement punk dans le graphisme, le projet s’est finalement tourné vers les pratiques héritées de cette contre-culture, avec la ferme intention d’éviter un regard nostalgique ou muséal sur le mouvement en question. En effet, ce sont moins les formes propres à l’esthétique punk que son esprit qui est mis à l’honneur : une certaine énergie, une exubérance libératrice et une manière réjouissante de ne pas mettre ses pieds dans les pas de qui que ce soit – mais parfois dans la gueule de devinez qui.

Joyeux bordel

Parti pris singulier, la musique apparaît comme un fil d’Ariane qui aide le visiteur à s’orienter dans ce dédale graphique foisonnant. Ainsi, les amateurs de musique glaneront ici et là quelques noms de groupes familiers (Frustration, Altın Gün, Orchestre Tout Puissant…), et de festivals de renom (Sonic Protest, Siestes électroniques…). De même, plusieurs ensembles témoignent du travail périlleux que certains artistes mènent pour donner une identité graphique à des salles de concert essayant d’échapper aux étiquettes : Fanny Laulaigne et Gabriel Hernandez pour le Ciel à Grenoble, Perrodin, Robel, ou Harrisson pour la Cave 12 à Genève. Un joyeux bordel salvateur en ces temps de « retour à l’ordre » annoncé.

Photo ©RB

PéRISCOPIES, UNE EXPOSITION GRAPHIQUE AUTOUR DES PRATIQUES ALTERNATIVES

Du vendredi 9 octobre au dimanche 14 février

Centre du graphisme (Échirolles)

Gratuit

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