Mêler musique et politique, c’est la promesse d’une toute nouvelle asso intitulée Des platines et des lettres. Elle tiendra sa première soirée à l’Ampérage avec le sociologue Nicolas Framont, spécialiste des questions de domination au travail, suivi d’un DJ set reggae/dub.
/ Par Daisy Doom
Débattre sur la meilleure manière de combattre le capitalisme, boire des coups et et s’ambiancer sur un DJ
set des familles ? D’aucuns appelleraient ça un vendredi soir. La jeune association Des platines et des lettres élargit le concept et crée les soirées Book’in. La première édition se tiendra le mercredi 19 mars à l’Ampérage – le lendemain d’un tour de chauffe au Toï Toï de Villeurbanne.
Pour cette première, c’est le sociologue Nicolas Framont, fondateur du magazine Frustration, qui parlera, dans un format interview sur scène, de son dernier livre : Vous ne détestez pas le lundi / Vous détestez la domination au travail (éditions Les Liens qui libèrent).
Dans cet ouvrage, il décrypte comment le mal-être au travail est systémique et ne fait qu’empirer depuis les années 90, comment l’empilement de managers et le présentéisme finissent par ôter tout sens à ce que l’on fait, comment les politiques de tous bords tournent le dos à la question des conditions de travail…
JOUER COLLECTIF
Une analyse des nouvelles causes de la souffrance au travail, que tout employé dans le monde actuel connaît, mais qui pourtant n’est jamais mise sur la table franchement. L’essai est illustré par de nombreuses anecdotes et témoignages, qui donnent vite envie au lecteur de lancer une petite révolution. D’ailleurs, Nicolas Framont nous gratifie de quelques clés en ce sens. En premier lieu, redonner sa dimension collective au travail, sortir de la solitude. Tout à fait l’esprit de la soirée Book’in, tiens !
Meul, DJ connu des milieux électro de la région, notamment pour son implication au sein d’Hadra, est à l’origine de l’initiative. « Les rencontres en librairies, c’est sympa, mais voilà, on parle, puis chacun rentre chez soi… Dans une soirée sur l’anti-capitalisme, on peut imaginer qu’on a des gens d’obédiences communes. » Donc désireux de poursuivre le débat autour d’un verre, de danser, de partager leurs convictions, bref, de fêter ça : tant qu’il y a du noir, il y a de l’espoir, disait l’autre.