Festival

Stupre et damnation au Maudit festival 2026

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Disons les termes : cette année, la programmation du Maudit Festival, ce n’est vraiment pas le royaume du fun. Tout entière consacrée « aux personnes et communautés à la marge », cette nouvelle édition annonce d’emblée la couleur avec son film d’ouverture, Breaking the waves de Lars Von Trier, mélodrame éprouvant et doloriste sur fond d’amour sacrificiel dans les terres pluvieuses des Highlands écossais. Ambiance ! Plongée en immersion dans la psyché détraquée des tueurs en série, la soirée du jeudi s’annonce elle aussi passablement traumatique : au programme, Henry, portrait d’un serial killer et Schizophrenia, soit deux des œuvres les plus dures et hyperréalistes consacrées à ces figures de l’ombre. Pour public très averti exclusivement, cela va sans dire.

Si la pression retombe un peu entre ces deux sommets de malaise, on ne peut pas dire que l’humeur soit à la joie de vivre pour autant. Véritable rareté du cinéma afro-américain des années 70 restée longtemps invisible par chez nous, Ganja & Hess explore la thématique du vampirisme sous un angle éthéré et psychédélique flirtant presque avec l’expérimental. Une vraie curiosité à découvrir le mercredi lors de la séance ciné-club. Le vendredi, honneur aux kinks et paraphilies : on commence avec les fétichistes de cicatrices et d’accidents de voiture du Crash de David Cronenberg, adapté d’une nouvelle de J. G. Ballard. On enchaîne ensuite sur La Secrétaire, dans lequel une jeune femme mal dans sa peau trouve progressivement l’épanouissement dans les pratiques BDSM, avant de terminer enfin avec le méconnu Kissed, qui voit une embaumeuse glisser lentement vers la nécrophilie… Enfin, pour se remettre de tout ça, la traditionnelle double séance du samedi soir, dédiée cette année à la thématique queer, nous offrira une dose de sucre bienvenue avec un teen movie devenu culte outre-Atlantique mais resté méconnu en France (But I’m a cheerleader) et une pétillante comédie camp signée John Waters (Hairspray). Ouf ! / DG

Photo © DR

LE MAUDIT FESTIVAL

Du mardi 27 janvier au dimanche 1 février

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