Rouler dans les vallées grenobloises permet déjà de belles échappées à vélo. Mais les routes de montagne promettent une expérience plus intense pour les cyclistes. Face aux pentes des massifs locaux, l’appréhension de la difficulté constitue toutefois un frein légitime lorsqu’on débute. Un cap que nous vous proposons de franchir en douceur avec ces trois itinéraires accessibles, empruntant des routes paisibles et panoramiques.
Venon village (Belledonne)
Au départ de Gières, l’itinéraire emprunte la combe d’Uriage avant de tourner à gauche sur la route de Venon. Il se prête bien au vélo, avec une route large et pas trop raide, ombragée le matin, et une circulation automobile discrète. L’ascension débute au frais, sous la canopée, puis débouche sur une section plus exposée au soleil, offrant une vue dégagée sur les sommets. Au niveau du lieu-dit « La Ville », signalé par un panneau, bifurquez à gauche vers l’église. Sa place avec sa vue en balcon se prête bien à une pause après une montée sportive. À proximité, le Petit Bistro de Venon (tenu par quatre habitants) est aussi très tentant avec sa terrasse ombragée et sa fine cuisine locale et de saison appréciée des gourmets. Idée originale : y grimper le soir pour assister à un des spectacles programmés. En poursuivant l’itinéraire vers l’ouest et Pressembois (son chêne remarquable), le tracé dévoile les plus belles perspectives sur les sommets de Belledonne et de la Chartreuse. Après une courte descente par le Japin, lorsque votre route rejoint la D291, tournez à gauche pour la version facile de la balade. S’amorce alors la suite de la descente vers la commune de Murianette où l’on peut rejoindre rapidement la voie verte des berges de l’Isère pour un retour à Grenoble séparé du trafic routier.
D+ : 330 m
Pour la pause : Belvédère de l’église de Venon, le Petit Bistro de Venon.
Aller plus haut : À l’intersection de la D291, tournez plutôt à droite. Cette route sereine et ombragée ne requiert que 270 mètres de dénivelé supplémentaires jusqu’à la Chênevarie, dans des paysages fabuleux. Prenez ensuite à droite pour passer par Le Rossin de Corps et Le Fau (encore 120 mètres de dénivelé supplémentaires) avant d’entamer la descente jusqu’à Saint-Martin-d’Uriage (ou la remontée sur Venon par Le Chapon, autre variante) puis Grenoble. Un peu plus dur, mais tellement plus panoramique !
Col de Clémencières (Chartreuse)
Depuis la Porte de France, engagez-vous sur la route D57 en direction du col de Clémencières. Pour pédaler plus tranquillement, bifurquez sur la gauche après les deux premières épingles afin de traverser le secteur de Narbonne. Cet itinéraire garantit une progression plus sereine, loin des véhicules, avec un avantage notable : en partant suffisamment tôt, la montée s’effectue intégralement à l’ombre, le mont Rachais masquant encore le soleil. L’effort demandé est certes soutenu en raison d’une pente relativement raide, mais il reste de courte durée. Les cyclistes matinaux auront le privilège de voir le soleil se lever progressivement sur la Pinéa, le Néron et l’aiguille de Quaix sans en souffrir. Une fois au col, la redescente par la route principale s’offre à vous sur un itinéraire peu sinueux.
D+ : 450 m
Pour la pause : Le château du XVIe siècle de Narbonne, la fontaine du Gatinet pour refaire les niveaux et se rafraîchir.
Aller plus haut : Au col de Clémencières, il est possible de consentir un effort supplémentaire pour atteindre le col de Vence (+ 4 km et 175 m de dénivelé). Passé le premier raidillon, la route se transforme en un long faux plat très roulant. La descente par La Tronche dévoile alors de superbes vues plongeantes sur l’agglomération, avant une arrivée par les pistes cyclables sécurisées des quais de l’Isère.
Romage par le Mûrier (Belledonne)
L’itinéraire débute à Saint-Martin-d’Hères, en empruntant la route des Maquis en direction du Mûrier. La chaussée s’élève sous un agréable couvert forestier, à l’ombre et au calme, le trafic automobile demeurant anecdotique. L’arrivée à la colline du Mûrier marque une transition : le paysage s’ouvre largement sur le massif de Belledonne, avant de dévoiler plus loin le Vercors puis la Chartreuse. Passée l’intersection menant au village du Bigot, sous le secteur des Batteries Hautes, la pente s’adoucit considérablement. Une section en faux plat d’environ 600 mètres offre alors un véritable répit pour pédaler sans forcer et apprécier les vues sur Grenoble et le Moucherotte. Bien que la déclivité reprenne légèrement par la suite, la fin de la montée approche. Soyez attentif à un panneau de randonnée sur votre gauche indiquant Romage à 0,99 km. Il faut s’engager à votre droite sur un chemin non goudronné durant 450 mètres avant de retrouver l’asphalte menant au village. Ce dernier constitue un belvédère de choix et dispose d’une fontaine salvatrice. La descente s’effectue ensuite par Herbeys, Angonnes et Tavernolles. Prudence au départ de Tavernolles : privilégiez l’itinéraire vélo sécurisé sur la gauche plutôt que la D5.
D+ : 390 m
Pour la pause : Fontaine et table à pique-nique de la colline du Mûrier, fontaine et vue à Romage, magasin de producteurs locaux Herbe et Coquelicot à Herbeys.
Aller plus haut : Au lieu de bifurquer sur la droite sur le chemin de terre vers Romage, les cyclistes disposant d’un peu plus de réserves peuvent poursuivre l’ascension sur la route goudronnée jusqu’au sommet. Cette variante fait grimper le dénivelé positif total à 589 mètres, offrant un défi sportif plus consistant mais aussi de bien meilleures vues sur les sommets (Belledonne et Taillefer).
Conseils aux débutants
Visez le confort. Pour vos débuts, privilégiez un vélo sportif mais confortable sur lequel vous avez envie de monter, qui ménage vos cervicales et le dos. Un vélo type gravel est un choix pertinent, avec une position plus confortable qu’un vélo de route classique.
Moulinez ! La transmission doit permettre de pédaler vite sans (trop) forcer. C’est le secret pour arriver au sommet en se faisant plaisir.
Soyez lent ! La finalité d’une première montée n’est pas la performance. L’enjeu se situe dans l’appréciation du panorama et la satisfaction d’atteindre le sommet, sans souffrir.
Évitez les heures les plus chaudes. Partez tôt le matin (c’est aussi plus joli et plus calme).
Photo © Terry Mc Jone