Cosmos et musique ont toujours fait bon ménage. Le pouvoir évocateur d’un ailleurs mystérieux qui lie les deux espaces est assez évident. Plus particulièrement depuis les années 70/80. Époque où l’exploration spatiale a fait des pas de géant, et où beaucoup de documentaires de vulgarisation étaient produits pour la télévision. Au même moment, les synthétiseurs s’imposaient comme les générateurs de la musique du futur. De parfaits instruments pour illustrer des images de l’espace animées en proto-3D. C’est aussi à cette époque que les mouvements new age gagnaient en popularité, évoquant souvent le cosmos comme un lieu de vérités et usant de synthétiseurs pour créer des nappes musicales hypnotiques, capables d’ouvrir nos chakras au cours de siestes méditatives.
La musique ambient, théorisée par Brian Eno au milieu des 70s, se nourrira aussi de cette période techno-spirituelle et donnera naissance au sous-genre de la space music, bande-son officielle de tout ce qui a trait à l’espace dans notre imaginaire collectif.
Il est heureux que la si bien nommée salle Le Ciel s’empare de ce territoire pour proposer une soirée protéiforme. Une conférence performative de l’astronome universitaire grenoblois Xavier Delfosse accompagné de la pianiste de haut grade Laurence Ridoux ouvrira les hostilités. Puis deux sets live de Goupile (photo) et Kanto suivront. Tous·tes deux pratiquant une musique pleine d’images faite de synthétiseurs modulaires planants. De quoi avoir la tête dans les étoiles ! / GH
Photo ©Mila Nijinsky